L’EVENEMENT DU MOIS

En prélude du salon du dessin, le Domaine de Chantilly fait partager les secrets de sa collection et dévoile les marques que les collectionneurs ont apposées sur les dessins des plus grands maîtres : Raphaël,Dürer, Poussin, Delacroix… . Initiales, paraphes, symboles ou animaux, les marques permettent de retracer l’histoire du dessin, mais sont aussi révélatrices de la psychologie de leurs propriétaires.

Le musée Condé du Domaine de Chantilly présente
l’exposition Petites marques, grands collectionneurs
du 13 janvier au 5 avril 2010

En prélude du Salon du Dessin 2010 et à l’occasion de la mise en ligne d’une
nouvelle édition du dictionnaire Les marques de collections de dessins et
d’estampes par la Fondation Custodia, le musée Condé, qui abrite l’un des plus
beaux cabinets de dessins en France, consacre sa prochaine exposition aux
marques des collectionneurs. C’est près d’une cinquantaine de feuilles des plus
grands artistes (Raphaël, Primatice, Dürer, Poussin, Delacroix… ), ayant appartenu
aux collectionneurs du XVIIe au XIXe siècle, qui sera dévoilée. Toutes ont en
commun de porter les traces d’appartenance aux plus grands collectionneurs des
siècles passés permettant ainsi de suivre leur destinée, depuis leur sortie d’atelier
jusqu’à Chantilly. Cette exposition offre là une précieuse occasion d’apprécier les
trésors de ce cabinet de dessins ouvert uniquement aux chercheurs.

Outre ses riches collections de peintures et de manuscrits, le musée Condé conserve un
remarquable ensemble de dessins de maîtres, constitué dans la seconde moitié du XIXe siècle par Henri d’Orléans, duc d’Aumale (1822 - 1897) qui fut sans doute le plus grand collectionneur de son époque. La révolution de 1848 brisa sa carrière le poussant à l’exil en Angleterre pendant vingt-trois ans, de 1848 à 1871. Contraint à l’inactivité, ce jeune soldat
se fit historien, ce qui allait fortement marquer ses collections. Sur les 2 500 dessins de Chantilly, nombreux sont les portraits historiques et les scènes de l’histoire de France. Par la suite, le duc d’Aumale acquit également les chefs-d’œuvre des plus grands maîtres français, italiens ou nordiques, donnant naissance à l’une des plus importantes collections de dessins au monde. Plus de la moitié d’entre eux comporte au moins une marque de collection, un
cachet qui témoigne de leur passage chez un collectionneur.

Dès le XVIe siècle, la notion de collection apparaît avec Vasari (1511– 1574) qui constitue une des premières collections de dessins connue. L’exposition du musée Condé présente ces dessins passés entre les mains des plus grands collectionneurs, du XVIIe au XIXe siècle, qui vont y aposer leurs marques : Fréart de Chantelou, le banquier Eberhard Jabach, Pierre-Jean Mariette « le prince des collectionneurs », le marquis de Lagoy, Sir Joshua Reynolds, Dominique Vivant Denon, Sir Thomas Lawrence, Edouard Desperet, etc… De 1921 à 1956, Frits Lugt (Amsterdam, 1884 - Paris, 1970), expert de l’art hollandais et flamand et collectionneur de dessins, publie la plupart des marques de collectionneurs dans ses ouvrages Les marques de collection.

Si certains d’entre eux n’ont pas choisi de marquer leurs dessins comme Pierre Crozat ou Giorgio Vasari, certains collectionneurs optèrent pour des marques symboliques, à l’instar de Denon qui choisit un crible et une fourmi, symboles de la quête de l’amateur ; d’autres encore préférèrent leurs initiales comme Fréart de Chantelou, secrétaire et conseiller de Louis XIV, connu pour avoir encouragé Nicolas Poussin. Pierre-Jean Mariette, « le prince des collectionneurs », choisit son initiale, un « M » . Le duc d’Aumale, quant à lui, marquait ses dessins des armoiries des Condé, famille princière qui lui légua le Domaine de Chantilly.
Les marques ne sont cependant pas réservées aux personnes privées ; tous les musées publics en ont également une et les ventes après décès d’artiste sont souvent signalées par une marque, comme le cachet d’atelier Delacroix par exemple.

Les collections et dessins présentés

Collection Fréart de Chantelou (1609-1694)
Secrétaire et conseiller de Louis XIV, Chantelou forme un cabinet où Nicolas Poussin
tenait la plus grande place. Après 1743, les relations de Chantelou avec l’artiste se poursuivent par une correspondance. Il possède cinq études à la plume pour la suite des Sept Sacrements que Poussin lui peint ainsi que sur plusieurs dessins de Lesueur. Á sa mort, sa collection est proposée à Louis XIV, mais le Trésor étant épuisé, le roi refusa. La collection est par la suite dispersée par différentes ventes. Un dessin de sa collection est conservé au musée Condé. Sa marque représente ses initiales, FC.

- Nicolas POUSSIN, (1594 -1665), La mort de Germanicus.

Collection Everhard Jabach (1618-1695)
Banquier à Paris à partir de 1636, puis Directeur de la Compagnie des Indes Orientales,
Jabach acquiert de nombreuses pièces de la vente de la collection de Charles Ier comme Le
Concert champêtre de Giorgione et beaucoup de dessins ayant appartenu à Vasari,
essentiellement des écoles italiennes et nordiques. En 1670, il doit vendre au roi une partie de ses 5 500 dessins pour faire face à des problèmes financiers. Ses affaires rétablies, il entreprend une deuxième collection des Ecoles italienne, française et hollandaise. Seize de ses dessins sont conservés au musée Condé. Sa marque, au recto ou au verso, est un paraphe.

- Pietro BUONACCORSI, (1501 –1547), Frise concave d’entablement( ?) avec une Diane d’Ephèse en cariatide et un monstre à tête de lion en atlante, encadrant une scène d’adoration d’une statue antique. Plume, encre brune, lavis brun, pierre noire, papier. H. 12,8 x L. 20,3. Inv. DE 105.
- Giulio PIPPI, Giulio Romano (dit), (1492 ou 1499 - 1546), Vierge à l’Enfant en trône, entre saint Sébastien
et saint Roch. Plume, encre brune, lavis brun, papier. H. 19,2 x L. 17,9. Inv. DE 70.
- Francesco PRIMATICCIO, Primatice (dit) (1504 – 1570), Ulysse affrontant les sirènes et franchissant le détroit de Charybde et Scylla. Sanguine, gouache blanche, papier

Collection Jonathan Richardson Senior (1665-1745)
Sir Richardson senior est artiste, théoricien de l’art (Traité de la Peinture, 1715), et surtout
collectionneur. Á sa mort, quelques 112 tableaux et sculptures et 4 749 dessins, dont beaucoup des XVIIe et XVIIIe siècles de l’Ecole italienne, sont vendus en grande partie à son beau-fils, Thomas Hudson, qui lui-même les transmet par la suite à son élève Sir Joshua Reynolds. Dix dessins de sa collection sont conservés au musée Condé. Sa marque est un R seul ou un R dans une palette de peintre.

- Giulio PIPPI, Giulio Romano (d’après), La chute de Phaéton. Plume, encre brune, aquarelle, rehauts de blanc, papier. H. 28,7 x L. 29,1. Inv. DE 75.
- Giulio PIPPI, Persée nouant ses sandales ailées en présence d’Athéna et d’Hermès, qui lui remet un sabre pour décapiter la Gorgone. Plume, encre brune, lavis brun, papier. H.19, 2 x L.22, 3. Inv. DE 74
- Claude GELLEE, Le Lorrain (entourage de, dit), (1602 – 1682), Vue de la coupole de Saint-Pierre et d’une partie du Vatican. Papier collé en plein, plume, lavis de bistre brun, encre brune. H. 8,2 x L. 19,9. Inv.
- Claude GELLEE, (entourage de), Le Château Saint-Ange, étude d’après nature. Plume et bistre. H.13, 6 x L.29. Inv. DE 392.

Collection Pierre-Jean Mariette (1694-1774)
Né au sein d’une famille de libraires-éditeurs, Mariette travaille pour le cabinet du prince
Eugène de Savoie et voyage en Italie. Revenu à Paris en 1720, il est accueilli dans le cénacle de l’amateur Pierre Crozat. En 1761, Mariette avoue que sa collection de dessins est « à peu près au point de perfection auquel je voulais l’amener (…) surtout en italiens, peut-être la plus complète et la mieux choisie d’Europe ».Une partie de ses collections constitue le noyau initial du cabinet d’art graphique du musée de la Hesse à Darmstadt (Allemagne). Quarante et un dessins de sa collection sont conservés au musée Condé. Sa marque est un M.

- Nicolas POUSSIN, Acis et Galatée. Plume, encre brune, lavis brun, pierre noire, sanguine, papier. H. 13 x L. 18. Inv. DE 209.
- Nicolas POUSSIN, Bacchanale devant un temple. Plume, encre brune, lavis brun. H. 16,4 x L. 21. Inv. DE 213.
- Francesco PRIMATICCIO, Séléné et Endymion. Plume, pierre noire, gouache, encre brune, papier. H. 15,6 x L. 21,5.Inv. DE 151.

Collection Nathaniel Hones (1718-1784)
Portraitiste, il séjourne en Italie de 1750 à 1752. Á son retour à Londres, il exécute des
portraits aussi bien en grand format qu’en miniature et excelle surtout dans l’émail. Connu comme l’un des fondateurs de la Royal Academy de Londres, il constitue une collection de dessins et d’estampes qui est vendue publiquement de son vivant en 1781 et après décès en 1785. On y trouve notamment des dessins de Poussin, de Claude Lorrain et de Wouwermans. Deux de ses dessins sont conservés au musée Condé de Chantilly. Sa marque représente un œil noir ouvert.

- Baccio BANDINELLI (1439 – 1560), Groupe de sept figures, se lamentant autour d’un tombeau (d’après Donatello). Plume, encre brune, papier. H. 42,6 x L. 28,3. Inv. DE 13.
- Andrea D’AGNOLO di Francesco, Andrea del Sarto (dit), (1486 – 1530), Un putto nu, un chapeau sur la tête, portant une corbeille sur les épaules. Sanguine, papier. H.17, 2 x L. 9,6. Inv. DE 111.

Collection Robert Udny (1722-1802)
Marchand commerçant avec les Indes occidentales, Udny était établi à Londres. Son frère,
John Udny, consul anglais d’abord à Venise puis à Livourne et collectionneur de tableaux le
fournissait régulièrement en œuvres d’art ; la vente de sa propre collection eut lieu en 1800 chez Christie’s pour les tableaux de l’Ecole italienne et en 1802 pour ceux des Ecoles française, flamande, hollandaise et le reste de l’Ecole italienne. En 1804, on procéda à la vente publique de la collection de Robert Udny. Un dessin de sa collection est conservé au musée Condé. Sa marque représente ses initiales.
- Francesco PRIMATICCIO, Les anges montrant l’étoile des mages. Sanguine, lavis, gouache blanche, stylet, papier beige. H. 23,7 x L.30, 1.Inv. DE 154.

Collection Sir Joshua Reynolds (1723-1792)
Portraitiste en vogue à Londres, il est également collectionneur, notamment des Ecoles
italiennes du XVIe siècle, ainsi que flamandes et hollandaises. En avril 1791, il organise au
Haymarket de Londres une exposition de sa collection de tableaux dont il rédige lui-même le
catalogue. Plus tard, dans sa maison du 47 Leicester Square, il fait construire une galerie et
plusieurs ateliers. Huit dessins de sa collection sont conservés au musée Condé. Sa marque ne fut apposée qu’après sa mort au recto pour les dessins estimés de plus grande valeur (1505) et au verso pour ceux estimés de moindre valeur (748).

- Anonyme, La Naissance de Vénus, H.12, 1 x 15, 6. DE 219.
- Baccio DELLA PORTA, Fra Bartolomeo (dit) (1475 –1517), La Vierge à l’Enfant, sur un piédestal, entourée de Joseph et d’un ange jouant de la mandoline. Plume, encre brune, mine de plomb, papier. H. 15x L.

- Charles Alphonse DUFRESNOY (attribué à), (1611 – 1668), Trois figures féminines tournées vers la gauche. Pierre noire, papier. H. 13 x L. 12,5. Inv. DE 218.

Collection Dominique Vivant Denon (1747-1825)
Chargé de la conservation du cabinet de pièces gravées de Louis XV avant d’entamer une
carrière diplomatique, il publie en 1802 son Voyage dans la Basse et Haute Egypte et est nommé directeur général du Musée central des Arts (notre musée du Louvre). En 1815, il donne sa démission et se consacre à l’enrichissement de ses collections ; il rédige alors un catalogue en trois volumes en 1826. Quatre-vingt-dix dessins de sa collection sont conservés au musée Condé.
Sa marque est composée des lettres D.N. avec un crible et une fourmi « allégorie à la
patience continuelle de l’amateur qui doit rejeter tout ce qui ne peut être utile ».

- Albrecht DÜRER (1471 -1528), Portrait d’une personne devant l’abbaye Saint-Michel d’Anvers. Pointe
d’argent, papier. H. 13 x L.19. Inv. DE 892.
- Nicolas POUSSIN, L’adoration des mages. Plume, encre brune, lavis brun, papier collé en plein. H. 17,3 x L. 33,2.inv. DE 197.
- Claude GELLEE, Troupeau conduit par un berger traversant un gué. Plume, encre brune, lavis gris,
gouache, papier, papier collé en plein. H.14, 6 x L. 20,9.Inv. DE 381.
- Raffaello SANTI, Raphaël (dit), (1483 –1520), Jeune moine vu de face, à mi-corps, la tête légèrement inclinée, lisant un livre. Pierre noire, papier. H.45, 8 x L.35, 3. Inv. DE 50

Collection William Esdaile (1758-1837)
Aristocrate anglais, il commence très jeune une brillante carrière commerciale d’où il acquiert l’importante fortune qui lui permet de collectionner, dans un premier temps, des estampes (notamment de très belles feuilles de Rembrandt), puis toutes sortes d’objets d’art (monnaies, tableaux, manuscrits…). En mars 1838, sa collection, parmi laquelle des dessins de Carrache, de
Michel-Ange, de Titien et une centaine de Rembrandt, est vendue chez Christie’s. Neuf de ses dessins sont conservés au musée Condé. Sa marque, à la plume, représente ses initiales, WE.

- Claude GELLEE, Le Lorrain (dit) (1602 – 1682), Bénédiction des chevaux à Rome derrière Santa Maria Maggiore. Papier collé en plein, plume, bistre, encre brune, lavis brun. H. 20,8 x L. 32,2.
- Philips KONINCK, (1619 –1688), Paysage panoramique avec pêcheurs. Aquarelle, gouache. H. 15,5 x L.23. Inv..
- Benozzo Gozzolo (école de), (vers 1420 – vers 1497), Evangéliste assis de trois-quarts vers la gauche, lisant un livre qu’il tient de la main gauche posé sur le genou droit. Gouache, stylet, encre brune, lavis brun, plume de plomb. H. 19,4 x L. 14,9.inv. .

Collection Marquis de Lagoy (1764-1829)
Officier sous Louis XVI, il est élu député des Bouches-du-Rhône en 1815. Tout au long de
sa vie il acquiert une collection de plus de 3 000 dessins dont de nombreux hollandais et italiens.
Ces dessins portent eux-mêmes la marque de Vasari, Crozat, ou encore Mariette, et leur
cheminement continue ainsi après la mort du marquis ; Woodburn achetant, par exemple, 138 de ses dessins qui passent ensuite entre les mains de Dimsdale puis de Lawrence. Vingt-et-un de ses dessins sont conservés au musée Condé. Sa marque est un L dans un triangle.

- Francesco PRIMATICCIO, Cérès ou Les produits de l’été. Sanguine, gouache, pierre noire. H. 32,3 x L. 39,8. Inv. DE 146.
- Francesco PRIMATICCIO, Bacchus ou Les plaisirs de l’automne. H. 31,1 x L. 40,4. Inv. DE 147.
- Giuseppe RIBERA, Lo Spagnoletto (dit), (1588 ou 1591 – 1652 ou 1656), Saint attaché la tête en bas. Plume, lavis, bistre, papier. H. 23,3 x L. 17,9. Inv. DE 193.

Sir Thomas Lawrence (1769-1830)
Principal portraitiste de son époque, digne successeur de Reynolds et Gainsborough, il est
nommé dès l’âge de 23 ans peintre du roi, ce qui lui permet d’acquérir une certaine fortune. Il
constitue alors une importante collection de dessins et d’estampes parmi laquelle des œuvres majeures comme les Trois Grâces de Raphaël (aujourd’hui au musée Condé). Il rassemble ainsi que de nombreuses collections de prestige comme celle du baron Vivant Denon, de Sir Joshua Reynolds, du Marquis de Lagoy…. Trente dessins de sa collection sont conservés au musée Condé. Sa marque représente ses initiales : T.L

- Nicolas POUSSIN, La conversion de Saint Paul. H. 18,7 x L. 28,5. Papier, plume, encre brune, lavis brun. Inv..
- Nicolas POUSSIN, Mars et Vénus. Plume, encre, lavis brun, papier. H. 20 x L. 27,5. Inv..
- Francesco PRIMATICCIO, Vertumne et Pomone. Plume, encre brune, gouache, papier beige. H. 15,2 x L.20, 9. Inv. DE 152.

Collection Henri-Joseph RUXTHIEL (1775-1837)
Statuaire, il fait son apprentissage à Liège, puis à Paris, dans l’atelier du sculpteur
Houdon, puis chez le peintre Jacques-Louis David. Prix de sculpture en 1805, il continue ses
études à Rome. De retour à Paris, il y exécute de nombreux bustes et statues pour la famille
impériale. La vente après décès de sa collection mentionne principalement des œuvres de l’Ecole
italienne. Huit dessins de sa collection sont conservés au musée Condé. Sa marque de
collection est RUXTHIEL / SCULP. ou RUTXIEL.

-Pietro BUONACCORSI, Perino del Vaga (dit), Composition décorative de formes circulaire ornée de figures, de mascarons, de bucranes, de guirlandes. Plume, encre brune, lavis brun, stylet, pierre noire, papier bleu.
- Rembrandt Harmensz VAN RIJN, Rembrandt (dit, école de), (1606 - 1669), Modèle debout, les mains croisées dans le dos. Papier, pierre noire, plume, encre brune, lavis gris, lavis brun. H. 23,6 x L..
- Giulio PIPPI, Saint Blaise ( ?), assis, entre deux enfants. Plume, encre brune, lavis brun, papier beige. H. 17,8 x L. 14,8. Inv. DE 71.
- Giulio PIPPI, Annonciation. Plume, encre brune, lavis brun. H.14, 5x 19. DE 69.

Collection Charles Sackville Bâle (1791-1880)
Charles Sackville Bâle, un des plus fins connaisseurs de son temps, collectionne tableaux
anciens et modernes, dessins, estampes, porcelaines, miniatures, médailles, gemmes, objets d’art et sculptures. Les ventes de ses collections, comprenant 3 500 numéros environ, suscite le plus vif intérêt en Angleterre et sur le continent. Onze dessins de sa collection sont conservés au musée
Condé. Sa marque représentant ses trois initiales est inscrite au verso des dessins : CSB.

- Aert SCHOUMAN, (1710 – 1792), Sarcelle sur l’eau, Plume, encre brune, aquarelle, papier. H. 24,4 x L. 42.Inv. DE 1124.
- Philips WOUWERMAN (d’après), (1619 – 1668), Le Cavalier. Sanguine, papier doublé. H. 13,9 x L. 11,7. Inv. DE 1071.
- ANONYME (entre 1550 et 1560), Portrait d’homme en buste vers la droite. Encre brune, papier. D.16,

Marque d’atelier d’Eugène Delacroix (1798-1863)
Chef de file du courant romantique, il demande par testament que ses dessins, entre 6 000
et 7 000, ainsi que des tableaux et des esquisses, soient exposés et vendus publiquement après sa mort. La collection Delacroix comprend également des dessins et des estampes de maîtres anciens et modernes, sur lesquels d’ailleurs la marque de collection ne figure pas. Quatre dessins portant la marque d’atelier d’Eugène Delacroix sont conservés au musée Condé ; elle représente ses initiales, ED.

- Eugène DELACROIX, Attila foulant aux pieds l’Italie et les Arts. Mine de plomb, aquarelle, papier. H. 23,6 x H. 31. Inv. DE 525.
-Eugène DELACROIX, Hésiode et la Muse. Mine de plomb, papier calque, papier collé en plein. H.22, 5 x L.29, 7.Inv. DE 524.
- Eugène DELACROIX, La messe du cardinal de Richelieu. Mine de plomb, aquarelle. H. 33,5 xL.27.

Collection Edouard Desperet (1804-1865)
Á Paris il se fait connaître par ses gravures sur bois puis se fait employer à la
Chalcographie du Louvre. Artiste de second ordre, insatisfait de son propre travail, il commence à collectionner des œuvres de Watteau, Lancret ou encore Boucher. Afin de pouvoir enrichir sa collection, le reste de sa vie n’est que privations et petits travaux d’illustration. Dépressif à la fin de sa vie, il ne se consacre plus qu’à sa collection dont la vente a lieu en 1866, après sa mort. Vingt- cinq de ses dessins sont conservés au musée Condé. Sa marque de collection est un D seul.

- Rembrandt Harmensz VAN RIJN, Le cerf impitoyable se fait pardonner. Plume, encre brune. H. 14 x L. 20,6. Inv. DE 1049.
- Raffaello SANTI, Homme à demi-drapé, de trois-quarts vers la droite, portant un fardeau. Sanguine, papier. H. 32,1 x L. 16,1. Inv. DE 57.
- Pieter Paul RUBENS (Siegen, 1577 – Anvers, 1640), L’ivresse d’Hercule. Pierre noire, sanguine, craie, plume, encre brune, papier. H. 27 x L. 30. Inv. DE 911.

Collection Jean Gigoux (1806-1894)
Formé à l’Ecole des Beaux Arts de Paris, il réunit autour de lui artistes, écrivains et amateurs, rencontres qu’il relate dans ses Causeries sur les artistes de mon temps en 1885. Il rassemble une collection si importante qu’il en vend une partie de son vivant, ne gardant que les plus belles pièces (parmi lesquels 460 tableaux et quelques 3 000 dessins) dont il fait don à sa mort à la ville de Besançon. Dix de ses dessins sont conservés au musée Condé. Sa marque représente ses initiales superposées et inversées. Elle est généralement accompagnée d’annotations de sa main.

- Giovanni Domenico TIEPOLO, (1677 –1770), Joseph expliquant les songes. Plume, sépia, papier. H. 47,6 x L. 36,5. Inv. DE 177.
- Giovanni Francesco BARBIERI, Le Guerchin (dit), (1591 - 1666), Le Christ au roseau. Sépia, papier. H. 31,6 x 26,5. Inv. DE 174.
- Pieter MOLYN, (1595 – 1661), L’Enclos. Pierre noire, lavis gris, encre de Chine, papier. H. 14,7x L. 19,7.inv. DE 1096.
- Jacques COURTOIS, le Bourguignon (dit), (1621 – 1676), Cavalier contre Hallebardier. Plume, encre brune, lavis brun, papier, papier collé en plein. H. 11,5 x L. 14,3. Inv. DE 424.

Collection Henri d’Orléans, duc d’Aumale (1822-1897)
Cinquième fils de Louis Philippe, il se distingue dans des combats militaires en Algérie, ce
qui lui vaut d’être nommé en 1847 gouverneur de cette province. Exilé en 1848, il se fixe en
Angleterre où il se consacre aux lettres et aux arts. Á son retour en 1871, il fait reconstruire le château de Chantilly, rasé en grande partie après la Révolution, pour y installer ses collections d’objets d’art parmi lesquelles 3 000 gravures et plus de 2 000 dessins dont les 362 portraits de Clouet provenant de la collection de Catherine de Médicis. Il choisit comme marque de collection la fleur de lys de la maison de France, tirée de ses propres armes et de celle des princes de Condé qui lui léguèrent Chantilly, y ajoutant la brisure, signe distinctif des Condé.

- Jean CLOUET (vers 1486 - 1540), Catherine de Médicis. Pierre noire, sanguine, papier. H. 29,5 x L.20. MN 30.
- Jean CLOUET, François 1er. Sanguine, papier. H.32, 8 X L.23. MN 4.
- Jean CLOUET, Homme inconnu. Pierre noire, sanguine, aquarelle, papier. H.20, 7 x 22,3. MN 103.
- Jean CLOUET, Dame inconnue probablement Lucrezia dei Rodolfi, dame d’Armanvilliers - attribution de
Bouchot. Pierre noire, sanguine, papier. H. 29,3 x 21,8. MN 328.

Autour de l’exposition
Visites guidées de l’exposition par les guides du musée Condé :
Les samedis 6, 13, 20, 27 février et 6, 13, 20, 27 mars à 11h.
Sans supplément au billet d’entrée.

Journées thématiques
Sans supplément au billet d’entrée - Réservation au 03 44 27 31 60
Samedi 6 mars 2010
- 11h : visite guidée de l’exposition.
- 15h : conférence sur les marques de collection par Peter Fuhring, conseiller scientifique à la collection Frits Lugt, Fondation Custodia ou Maria Van Berge, directrice de l’Institut néerlandais. Salon du Roi.

Samedi 27 mars 2010
- 11h : visite du cabinet des dessins par Nicole Garnier, conservateur du musée.
Accessible uniquement aux chercheurs sur rendez-vous, le cabinet des dessins du duc d’Aumale ouvre ses portes et révèle ses trésors au grand public.
Durée : 1h environ.
Billet en supplément : 9 €
- 15h : conférence de Pierre Rosenberg, de l’Académie Française, Président-directeur honoraire du Louvre et Laure Barthélemy-Labeeuw sur les dessins de la collection Mariette.
Salle du Jeu de Paume.

Informations pratiques

Horaires de basse saison (jusqu’au 2 avril 2010) :
ouvert tous les jours sauf le mardi, de 10h30 à 17h. ; tarif : 12 euros (adultes).
Site gratuit pour tout enfant accompagné d’un adulte ; renseignements : Tel. : 03 44 27 31 80,
site internet : www.domainedechantilly.com

Chantilly est à moins d’une heure de Paris et à vingt minutes de l’aéroport Roissy-Charles- De-Gaulle ; autoroute : A1, sortie n°7 Chantilly en venant de Paris ; A1, sortie n°8 Senlis en venant de Lille, A16, sortie Champagne-sur-Oise ; train et RER : Gare du Nord SNCF Grandes lignes (25 minutes) ou Châtelet les Halles RER ligne D (45 minutes) (arrêt : Chantilly-Gouvieux).

CHRISTELLE DE BERNEDE

Jeudi, décembre 31st, 2009 2 L'évènement du mois

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