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BODINIER : UN PEINTRE ANGEVIN EN ITALIE
des Beaux-Arts d’Angers. Cette première rétrospective présente plus de 200 œuvres, principalement des études de paysages et personnages ainsi qu’une trentaine de tableaux. Guillaume Bodinier naît à Angers en 1795. Formé dans l’atelier de Pierre-Narcisse Guérin (atelier par lequel sont passés Géricault et Delacroix), il démarre sa carrière de peintre assez tardivement.
En 1822, il accompagne Guérin, nommé directeur de la Villa Médicis à Rome. Ce séjour italien inaugure une période d’aller-retour entre la France et l’Italie qui s’étendra sur plus de 25 ans. L’œuvre de Bodinier s’inspire des paysages italiens, des scènes pittoresques observées lors de ses excursions dans les campagnes romaine et napolitaine. L’Italie est un passage obligé dans le processus de formation des artistes à cette époque. Bodinier y fréquentera un certain nombre de ses contemporains, artistes et écrivains, comme Stendhal, Ingres et Corot notamment. Il nouera également une relation quasi-filiale avec Guérin, qu’il veillera d’ailleurs sur son lit de mort. En 1827, Bodinier, qui avait échoué par deux fois au Prix de Rome, connaît son premier succès au Salon de Paris où il obtient une médaille d’or. Il exposera ensuite régulièrement au Salon de 1831 à 1857. En 1827, il revient en France. Son père décède et il hérite d’une fortune qui lui permet de vivre sur ses rentes ; il peut donc retourner à Rome où il s’installe et effectue de courts séjours en Anjou ou à Paris. Il revient définitivement à Angers en 1848 et y restera jusqu’à sa mort en 1872. Bodinier réalise essentiellement des scènes pittoresques dans un goût italianisant et s’intéresse au paysage et au détail des costumes. Les études (esquisses peintes ou dessinées) expriment particulièrement la sensibilité de l’artiste qui retranscrit la nature comme il la voit. Une certaine spontanéité s’en dégage. Le parcours chronologique de l’exposition commencera avec une séquence introductive sur les années d’études et de formation. Le cœur de l’exposition sera consacré aux principaux séjours en Italie, tandis que la dernière séquence insistera sur la période angevine après 1848. Enfin, à partir du 25 juin, une cinquantaine de portraits dessinés et peints seront présentés dans le cabinet d’arts graphiques.
L’exposition survole un demi-siècle et met en exergue les tourments d’un artiste à créer, à se renouveler dans un siècle de bouleversements artistiques, entre classicisme, académisme, romantisme et impressionisme. Elle s’inscrit aussi dans une volonté depuis la réouverture du musée, de valoriser ses principaux donateurs (David d’Angers, Turpin de Crissé), grands artistes et personnalités locales de première importance.
Guillaume Bodinier est un Angevin. Il a passé sa jeunesse à Angers et y a fini sa vie, il a toujours aimé sa ville et sa région et s’est efforcé, à l’égal de son aîné Pierre-Jean David d’Angers ou du comte Lancelot -Théodore Turpin de Crissé, d’enrichir son patrimoine. Sa formation est inscrite dans le foisonnement de la vie intellectuelle angevine de la fin du xviiie siècle et du début xixe. Issu d’une famille républicaine aisée, il eut pour mentor à Paris, les La Révellière-Lépeaux, les Pilastre, les Gérard, les Van Spaendonck, les David d’Angers. Toute une génération éprise de néo classicisme. Guillaume Bodinier a ambitionné le Prix de Rome de Peinture en 1821 et 1822 ; il échoua mais accompagna peu après son maître Guérin à Rome et y vécut vingt cinq années. Il lia des liens d’amitié avec les pensionnaires, notamment les peintres français travaillant à Rome, Didier- Nicolas Boguet, François-Marius Granet.
Il peignit des tableaux qui lui valurent des succès aux salons, et renonça à la peinture d’histoire pour la scène de genre à la mode. Il parcourut la campagne romaine ou celle du royaume de Naples pour peindre des études de paysages et de personnages pittoresques. Il fut un paysagiste sans oser jamais l’être tout à fait, et à son retour à Angers, il peignit à l’aquarelle nombre de paysages idylliques, soigneusement composés, et entretint sa nostalgie d’une Italie idéale.
Bodinier entretint avec l’Italie où il passa un tiers de sa vie une relation passionnée et parfois difficile. Rêvant à son Anjou natal quand il était à Rome et incapable d’y rester quand il était loin de l’Ita- lie, il vécut à son retour définitif en France dans une nostalgie entretenue de son pays d’adoption. Le travail sur Bodinier s’est fait à partir de plusieurs sources : son œuvre, son fonds d’atelier conservé au musée des Beaux-Arts d’Angers, l’inventaire après décès de sa veuve, et une partie de sa correspondance. Comme pour toute exposition monographique, se sont mêlées interrogations, recherches, trouvailles et impasses. D’autres recherches devront être poursuivies et nous n’avons donc pas la prétention d’avoir mené un travail exhaustif, mais seulement celui d’avoir regardé les très nombreuses œuvres conservées au musée des Beaux-Arts d’Angers, d’en avoir restauré une grande partie, pour pouvoir les présenter et les donner à connaître sous une double perspective, d’une part celle de la quête créatrice qu’illustrent les nombreux travaux d’études, esquisses peintes ou dessinées, et d’autre part celle de l’œuvre aboutie, c’est-à-dire des tableaux exposés au Salon de Paris de 1827 à 1857.
Les échanges épistolaires très fréquents au xixe siècle sont une source d’informations précieuses pour l’historien, et replacées dans le contexte de l’époque, permettent un éclairage nouveau, nuancé et intime de la situation des protagonistes. La connaissance de la vie de Guillaume Bodinier est en grande partie favorisée par une correspondance souvent citée mais pleine d’interrogation. La première lettre de Guillaume Bodinier a été publiée en 1888, par Tancrède Abraham, conservateur du musée de Château-Gontier, vice président de la Société des Arts Réunis de la Mayenne, correspondant du Comité des Sociétés des Beaux-Arts dans la revue, Ré des Sociétés des Beaux-Arts des Départements1. Il s’agissait d’une lettre autographe de Pierre-Narcisse Guérin au père de Guillaume Bodinier datée de XXX et qui a depuis été souvent republiée2. En 1911, Guillaume Bodinier a publié dans la Revue de l’Anjou3 une importante correspondance entre Hippolyte, Paul Flandrin et Victor Bodinier, trois amis de l’atelier d’Ingres. […] Ces lettres qui ne représentent donc pas la totalité de la correspondance entre ces trois artistes, s’échelonnent de 1832 à 1839, c’est-à-dire couvrent la durée du séjour d’Hippolyte Flandrin à Rome comme pensionnaire de l’Académie de France, période pendant laquelle Guillaume Bodinier – auquel il est beaucoup fait allusion dans ces lettres, résidait à Rome. Le sénateur Bodinier et président du Conseil général du Maine-et-Loire, a complété leur publication par des notes assez précises et des extraits de lettres de Victor Bodinier à d’autres personnes ou même de Guillaume Bodinier à son frère ou à Hippolyte Jubin officier de marine souvent en déplacement. Plus tard, en 1913, le sénateur Bodinier publia une biographie familiale, Notes généalogiques et biographiques sur ma famille6, consacrée aux principaux membres de sa famille et tout spécialement à Guillaume, Julie et Victor Bodinier et à la famille Alaux, destinée, comme il l’a indiqué dans sa dédicace, “à ses enfants” c’est-à-dire à ses trois filles, Marie-Adèle Aline dit Marguerite, Geneviève, Anne Marie Andrée Louise. […] Ce travail fut largement utilisé en 1984 par Françoise Lernout-Duquesne11 pour son mémoire de maîtrise consacré au peintre. Elle n’a pas eu directement accès aux lettres originales, mais seulement à des transcriptions qu’elle a décrites en soulignant les lacunes des sources auxquelles elle a eu accès : “Les lettres qui nous sont parvenues ne sont que des transcriptions partielles. En effet, le sénateur n’a prit copie que de ce qu’il croyait être intéressant. A-t-il bien choisi ses passages ? Rien ne nous le prouve. Il reste évident que la question ainsi que bien d’autres pourront être éclaircies lorsque nous aurons eu connaissance de la correspondance originale et complète de G. Bodinier. Pour l’instant, elle reste introuvable malgré de nombreuses recherches.”12. Une copie de ces transcriptions partielles est conservée par un descendant de Victor et le musée des beaux-Arts d’Angers en conserve une photocopie13. Plus récemment encore Josette Botinneau et Elisabeth Walter-Foucart ont indiqué : “La publication de la correspondance de G. Bodinier apportera de précieux renseignements”14. Nous avons cherché l’original de cette correspondance chez les descendants de Victor Bodinier qui résidaient dans l’ouest et en avons trouvé une grande partie très récemment. Elle n’est toutefois pas complète par rapport à celle à laquelle a eu accès sénateur Bodinier, car il manque, parmi d’autres, certaines lettres qu’il a citées mais aussi les lettres que Guillaume Bodinier père a adressé à Pierre-Narcisse Guérin15, et toutes les lettres entre Bodinier Victor et des frères Flandrin16, et sûrement des lettres entre Guillaume et son maître… […] Les presque 350 lettres écrites et reçues par Guillaume Bodinier, petite partie sans doute de sa correspondance, conservées chez un de ses descendants – à qui nous renouvelons nos remerciements – n’avaient été que très partiellement reproduites.
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Gustave CAILLEBOTTE
Autoportrait 1892
Refuge boulevard haussmann
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La » solitude » du peintre
Ce matin, en ouvrant mes volets,le soleil dardait ses rayons sur le jardin fleuri. Il fallait que je peigne de suite ce moment magique qui m’isolait du reste du monde. Il me fallait transmettre au travers de ma peinture, ce sentiment fulgurant de bonheur dont la Nature me faisait cadeau. Tout de suite.
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L’ART ET LA SOLITUDE :
L’art trouve une nouvelle voie d’expression avec le site ?Les Arts de l’Éveil et l’Association des Artistes Éveilleurs Un fil conducteur : trois questions pour le suivre· Quel est le lien entre des formes picturales, musicales, végétales, scénographiques, symboliques, énergétiques ou mathématiques ?· Quel est le fil conducteur entre des thèmes comme les rêves, la géométrie sacrée, la conscience, l’invisible, l’univers ? · Quelle est la cohérence entre des artistes visionnaires, des créateurs de mandalas, de nature ou de supports vibratoires ? L’éveil est le lien. L’éveil permet de voir au-delà des apparences et des croyances, sans recourir à des dogmes ou à des idéologies spirituelles. C’est un « hyperlien », des connexions à d’autres réalités, passage vers une voie d’émerveillement. Si les chemins d’éveil sont nombreux, il est ici fait appel uniquement à l’expérience et au ressenti de chacun. Singularité des Arts de l’Éveil |
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Durant quatre mois, le peintre angevin Guillaume Bodinier (1795-1872) est à l’honneur au musée



