“LE MYTHE DE LA CAVERNE” DE PLATON
Ou De l’intérêt de se faire parfois violence pour bouleverser ses habitudes !
Connaissez-vous le “mythe de la caverne” exposé par Platon dans le livre VII de la République? Le nom vous replonge sans doute dans les souvenirs du bac philo, car il est une des références les plus célèbres du grand philosophe antique.

source: wikipédia
De quoi s’agit-il?
La célèbre allégorie de la caverne met en scène des êtres enchaînés au fond d’une galerie souterraine, tournant le dos à la porte d’entrée entrouverte, et n’observant sur les parois de la caverne que les ombres de la vie réelle derrière eux en surface, que le soleil et un feu allumé réfléchissent. Cette allégorie représente la pénible accession de l’homme à la Connaissance de la réalité.
Hypothèse
Si un de ces hommes se libère de ses chaînes, et accède à la surface, il sera subitement aveuglé par la trop puissante lumière du soleil et ne distinguera même plus les objets dont il aprecevait les ombres jusqu’alors; il cherchera à revenir à sa condition antérieure, convaincu qu’il y était finalement bien mieux. S’il persiste et s’adapte peu à peu à sa nouvelle condition d’être libre dans la vie réelle, ce qu’il observera de la réalité l’éblouira, mais ne pourra pas être perçu de la même façon par ses semblables s’il leur relate (dans la caverne); au mieux on le prendra pour un fou, au pire on le tuera.
Interprétation de Platon
Lorsque le prisonnier cherche à faire part de son expérience à ses prochains, il se heurte à de l’incompréhension conjuguée à de l’hostilité de ces personnes bousculées dans le confort de leurs habitudes. Au travers de cette allégorie, Platon nous décrit via la parole de Socrate ce qu’endure une personne ayant fait son chemin intime de réflexion, et s’étant “élevée”, autrement dit ayant accompli son propre chemin initiatique. Un acquis qu’elle doit partager et ne surtout pas se garder pour elle.L’ignorance nous rend prisonniers des apparences; il faut qu’on sache bousculer l’ordre établi pour accéder à la réelle connaissance.
Notre interprétation à nous!
Sans chercher à établir une “allégorie d’allégorie”, l’envie pour nous est grande de livrer ici notre interprétation personnelle sur ce mythe:
L’ homme enchaîné dans la caverne, c’est l’homme moderne occidental trop tourné vers les biens matériels (l’argent en l’occurrence). Son trop grand désir de posséder le détourne d’une réalité évidente: l’essentiel n’est pas visible à l’oeil nu. Tout un monde de richesse intérieure non palpable lui échappe. En se libérant des contingences matérielles, d’une part il accède à sa liberté, et d’autre part il aide son âme à s’élever vers une dimension autrement plus enrichissante et constructive pour lui que le besoin de possession.
Non pas qu’il faille mépriser l’argent, - il est vital au bon déroulement de notre quotidien-, ni émettre des réflexions bourgeoises faussement détachées de l’argent et condescendantes qui heurteraient les plus modestes! Mais intégrer l’idée qu’en explorant notre monde intérieur plutôt qu’en cherchant à combler nos carences en achetant toujours plus beau, plus cher, nous accédons à la plénitude de notre âme.
Et un être comblé moralement et spirituellement paraît inexorablement plus structuré qu’une personne trop tournée vers ses biens matériels (laquelle sera facilement sujette d’ailleurs aux dépressions dès que ses repères matériels seront perturbés…), donc rassurera et inspirera d’avantage confiance à son prochain.
En d’autres termes, apprendre à se connaître soi-même, c’est oser se regarder à l’intérieur, et ne surtout pas se contenter de l’illusion que renvoie une position sociale, matérielle ou financière.
Nous ne prônons pas ici la foi religieuse à tout prix- quoi que croire en Dieu aide à ne jamais se sentir vraiment seul-, mais la simple foi en soi qui passe par l’introspection pour mieux cerner ses atouts et ses défauts, ses richesses et ses faiblesses…un travail personnel qui passe par de la méditation ou autres techniques de connaissance de soi. (lire justement le chapitre “techniques de connaissance de soi”)
Il est très délicat de se faire force pour bouleverser ses habitudes: cultiver un monde intérieur suppose beaucoup de réflexion sur l’art et la manière de tendre vers l’excellence (la Bonté, le pardon, la tolérance, l’altruisme etc…), mais le jeu en vaut la chandelle!
Ce mythe vieux d’environ 2400 ans ans est plus que jamais d’actualité dans un monde où les biens matériels dominent souvent. Un monde cependant où les repères et les valeurs tendent à être bousculés par un besoin véritable de retour à l’Authenticité.
Gageons alors que la Lumière de la Connaissance ne nous aveugle pas trop, et nous donne envie de la partager!!
Karine TUZET
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Bonjour,
j’aimerai savoir que représentent les ombres sur le mur de la caverne ???
merci…
Lorina
Bonjour Lorina,
Et bien les ombres sur le mur de la caverne sont justement toutes ces valeurs factices auxquelles se rattachent les hommes en général, à savoir les valeurs matérielles entre autres qui comblent de façon illusoire des carences que l’on peut posséder. À l’inverse des valeurs morales qui enrichissent spirituellement l’homme et le font évoluer de façon autrement plus profonde.