1 L'art et la solitude

L’ART ET LA SOLITUDE

Pierre SOULAGES :

« Observer une toile, c’est se retrouver seul face à soi-même »

Pierre Soulages est un peintre contemporain à la personnalité très marquée, un des rares de son vivant à pouvoir observer une rétrospective de sa carrière, telle qu’on peut s’en délecter actuellement au centre Pompidou à Paris*… Qu’on adhère ou pas à l’art contemporain, on ne peut rester insensible à la créativité de son art.

Pierre Soulages utilise le noir, sa couleur préférée, pour accéder à un niveau de lecture insoupçonné tant au niveau de la lumière qu’au niveau du ressenti. Il est l’inventeur de l’ »Outre-noir » (terme qu’il invente en 1979), et quand bien même des toiles aussi obscures peuvent à première vue heurter un néophyte, ou outrer les bien-pensants, très vite on se laisse happer par la luminosité que cette non-couleur dégage.

Oxymore bien dérangeant que ce noir lumineux !

Jouant de la texture du matériau, de la qualité de la peinture (suivant qu’elle soit à l’huile ou à l’eau), et des effets de pinceaux, la 2ème période de son art impose les « polyptiques », où l’éclat de la lumière noire est encore renforcé par le contraste des traits graphiques que suggère la juxtaposition de plusieurs toiles côte à côte où l’une en dessous de l’autre.

Les observer fixement nous entraîne dans un tourbillon d’appréciations.

Appréciations sans doute bien subjectives car comme le dit Soulages lui-même, l’art est une histoire personnelle qui vous projette face à vous-même.

Et quelle délicieuse surprise face aux œuvres du maître de sentir cet émerveillement naître en vous !

A déguster seul…ou accompagné.

Karine MICARD

*« Soulages, peintre du noir et de la lumière« , Centre Pompidou, du 14 octobre 2009 au 8 mars 2010 , de 11h00 – 21h00 jusqu’à 23 h le jeudi, fermé le mardi ; Tarif plein 12€ ou 10€ selon période / tarif réduit 9€ ou 8 € selon période

Lundi, février 15th, 2010 1 L'art et la solitude Comments Off

L’ART ET LA SOLITUDE

photo-libre.fr

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Etude SeRencontrer.com et la Saint Valentin

6 célibataires sur 10 souhaitent

une fête printanière réellement dédiée au célibat

A quelques semaines de la Saint-Valentin, AGL, éditeur du site SeRencontrer.com, leader des rencontres amoureuses sur Internet, a sondé, en partenariat avec Toluna[i], les célibataires sur leurs perceptions de la Saint Valentin. Les résultats du sondage démontrent qu’ils se détournent massivement de cette fête jugée trop commerciale tout en souhaitant la création d’un évènement qui leur soit intégralement réservé.

De la fête des célibataires… à un événement commercial pour les couples !

La Saint-Valentin est historiquement la fête des célibataires, où les jeunes filles se dispersaient aux alentours de leur village et se cachaient en attendant que les jeunes garçons les trouvent. Elle est maintenant perçue par les célibataires comme une fête commerciale exclusivement dédiée aux couples. Cette grande fête de l’amour courtois est aujourd’hui devenue pour 42% des célibataires français un événement purement commercial, et même pour 14% des plus jeunes (16-34 ans), le « pire jour de l’année ».

Le Printemps : future grande fête communautaire du célibat ?

L’étude montre que 6 célibataires sur 10 souhaitent qu’une fête leur soit dédiée. 48% d’entre eux l’imagine le premier jour du Printemps et articulée autour de soirées dansantes, de sorties et d’animations réservées aux célibataires. Ils se verraient bien également afficher, ce jour là, un signe distinctif (bracelet, petit ruban…) afin  d’être clairement reconnaissables.

A noter que les Franciliens se sentent particulièrement concernés puisqu’ils sont 63% à réclamer l’instauration d’une fête du célibat.

Pour Vincent Hutin, directeur général d’AGL : « On constate que les célibataires rejettent la Saint Valentin sous sa forme actuelle. L’aspect commercial a vidé de son sens cette fête qui à l’origine était dédiée à l’échange de billets doux entre célibataires. Il est intéressant de constater qu’ils trouveraient légitimes d’avoir leur fête qui rétablisse l’esprit originel de la Saint-Valentin.»

A propos d’AGL

Créé en 1986, le groupe AGL, pionnier dans l’édition de services multimédia en ligne, édite des sites télématiques et Internet dans plusieurs domaines : la rencontre amoureuse (seRencontrer.com) ; les ventes d’objets d’art et leurs enchères (auction.fr); les petites annonces sites Web et journaux (jannonce.fr et g-tout.fr) ou encore les données financières (verif.fr).

A propos de Toluna

Toluna est le premier fournisseur mondial de panels et technologies de sondage en ligne à destination de l’industrie des études marketing. Avec 17 implantations en Europe, en Amérique du Nord et en Asie Pacifique et des panels dans 33 pays, la société fournit des services et solutions d’enquêtes en ligne aux plus grands instituts d’études, agences médias et entreprises dans le monde.

Merci à Fabien PECOT Aspect consulting France

Dimanche, janvier 31st, 2010 1 L'art et la solitude, 5 La philosophie du mois Comments Off

LA CRÉATION DE L’ACADÉMIE À FLORENCE: L’EXALTATION DE L’UNICITÉ

Les Médicis, famille italienne notoire de la Renaissance, se sont particulièrement illustrés dans le mécénat. C’est Cosme (1389-1464) qui en fut l’instigateur.

Le mécénat des Médicis commença en effet avec lui. Il semblerait que ce soit après avoir entendu en 1438 les leçons du philosophe contemporain platonicien Gemiste Pléthon, que Cosme conçut l’idée de faire revivre “une sorte d’Académie”.

Il prenait un intérêt très vif à l’art et à la science (c’est lui qui découvrit le grand Lippi entre autres), au service desquels il mit sa fortune avec la libéralité d’un grand seigneur; tout Florence suivit son exemple.

“On ne naît pas noble, on le devient”
C’est sur cette citation de Pétrarque que Cosme conçut le rêve de transmettre à chacun l’amour, le plaisir et le goût du Beau. Donner à tous, quelle que soit sa condition sociale, le moyen de s’en approcher.

Le lieu d’apprentissage qu’il a alors l’idée de créer rassemble artisans, poètes, philosophes, chanteurs et musiciens! Un lieu d’étude pour tous les âges et tous les talents. Une académie néo-platonicienne (Platon, que Cosme admire tant…). C’est en ce sens qu’il se jure de faire bénéficier de sa grande fortune personnelle à tous les toscans, ne serait-ce que pour leur offrir la lecture de Platon!

À Venise, Cosme rencontre Pléthon,- qui considère que la philosophie de Platon avec celle de Pythagore et de la sagesse des mages disciples de Zoroastre peuvent sauver l’Hellade- et c’est pour Cosme, une révélation. C’est Pléthon qui fera entrer à Florence le grec, l’hébreu et le byzantisme. Les plus brillants esprits se rassemblent très vite autour de lui pour refaire un monde nouveau, dans un courant d’esprit que Pléthon qualifie d”’humanisme”. On traduit les Anciens, l’hébreu source de la pensée chrétienne n’a bientôt plus de secret, ni la kabbale qui permet de trancher entre grecs et chrétiens. L’Antiquité bientôt rejoint les créations des peintres, s’immisce dans les oeuvres littéraires et la mythologie devient  source de référence métaphorique sacrée.

L’ambition de l’Académie

Lors de ces réunions, on compte bien améliorer l’Homme! Voici Car la véritable ambition de l’Académie…Sophie Chauveau, dans “la passion Lippi”(chez Folio) le définit parfaitement:
“ Créer un nouvel homme! Devenir “sujet sculpté et remodelé” par la plus haute idée de soi! Dans l’affirmation éblouie de la singularité de chacun , l’unicité de l’être humain. Aussitôt surgit la solitude. Unique, donc seul. Radicalement seul. Différent,a utre et seul! (…) L’unicité exalte, met en valeur ce qui distingue chacun! Sortir du lot! S’extraire du magmas confus des communautés et des clans! Allez! Que la course commence! Que les meilleurs s’épanouissent, et que chacun se distingue!”
N’est-ce pas là  une magnifique ambition ?
Faire se révéler l’Artiste dans son unicité absolue au lieu de le fondre dans un mouvement de masse?

En ce sens, une fois de plus, la Solitude qui exacerbe le meilleur de soi, s’avère être un formidable révélateur de talent. L’Académie a su jouer de cet atout tout en comptant sur un effet de synergie qui grandit l’homme: les multiples artistes de tous bords qui s’y fréquentaient s’auto-influençaient indéniablement. Oui, mais dans le respect de l’unicité! Dans celui aussi du” Savoir se connaître soi-même pour mieux aller vers autrui.”…

Merci Cosme, merci Pléthon!

Karine TUZET

Mardi, septembre 1st, 2009 1 L'art et la solitude Pas de commentaire

LE THÈME DE LA SÉPARATION ESTIVALE EN LITTÉRATURE.

Verlaine: “La bonne chanson”, 1870, l’aventure de ses fiançailles avec Mathilde

Verlaine, poète solitaire, vit une passion amoureuse avec la jeune Mathilde, créature douce et sensible. Leur amour fusionnel les conduit naturellement au mariage. Mathilde vient pallier tous les doutes et interrogations du jeune poète torturé qui devine que l’amour reste le seul salut de son âme.

Seulement voilà: Mathilde s’absente tout l’été 1869 jusqu’au début de l’automne et Verlaine vit très mal cette séparation. Il connaît une rechute, car la solitude le fait terriblement souffrir.

Dans sa détresse, il écrit le poème X , sur le thème de l’absence:

“Quinze longs jours encore et plus de six semaines
Déjà! Certes, parmi les angoisses humaines
La plus dolente angoisse est celle d’être loin.

On s’écrit, on se dit comme on s’aime; on a soin
D’évoquer chaque jour la voix, les yeux, le geste
De l’être en qui l’on mit son bonheur, et l’on reste
Des heures à causer tout seul avec l’absent.
Mais tout ce que l’on pense et tout ce que l’on sent,
Et tout ce dont on parle avec l’absent, persiste
A demeurer blafard et fidèlement triste.

Oh! l’absence! le moins clément de tous les maux!
Se consoler avec des phrases et des mots,
Puiser dans l’infini morose des pensées
De quoi vous rafraîchir, espérances lassées,
Et n’en rien remonter que de fade et d’amer!
Puis voici, pénétrant et froid comme le fer,
Plus rapide que les oiseaux et que les balles
Et que le vent du sud en mer et ses rafales
Et portant sur sa pointe aiguë un fin poison,
Voici venir, pareil aux flèches, le soupçon
Décoché par le Doute impur et lamentable.

Est-ce bien vrai? tandis qu’accoudé sur ma table
Je lis sa lettre avec des larmes dans les yeux,
Sa lettre, où s’étale un aveu délicieux,
N’est-elle pas alors distraite en d’autres choses?
Qui sait? Pendant qu’ici, pour moi, lents et moroses
Coulent les jours, ainsi qu’un fleuve au bord flétri,
Peut-être que sa lèvre innocente a souri?
Peut-être qu’elle est très joyeuse et qu’elle oublie?

Et je relis sa lettre avec mélancolie.”

Au travers de ces vers, l’on devine la détresse de son auteur, loin de l’être aimé. Une détresse qui signale qu’un monde intérieur est exsangue à cause de l’absence d’une seule personne.

L’état moral de Verlaine ici-décrit, illustre parfaitement l’attente frustrée d’un homme éploré, se sentant vide sans la présence de celle qu’il aime. Un homme qui attend donc beaucoup de l’autre, et qui va jusqu’à se sentir dépossédé de lui-même sans elle! Un homme qui attend tout de l’autre, jusqu’à la construction de lui-même. Danger que la vision de cet amour fusionnel: d’aucuns affirmeraient dans la psychologie actuelle (Mais Freud n’existait pas encore à l’époque de Verlaine!) qu’il est indécent d’attendre de son partenaire qu’il comble ses propres carences, car l’essentiel est d’apprendre avant tout à se structurer soi-même en acceptant de longues plages de solitude avec soi-même, pour vivre une relation saine et mature à l’autre.

Verlaine est typiquement homme à redouter la solitude et à être trop dépendant de la présence d’autrui. Or, la solitude de l’auteur est sa source d’inspiration. Aussitôt Mathilde revenue de villégiature, Verlaine se concentrera sur leur mariage et écrira moins. Au final donc, Mathilde revient, et il nous reste une oeuvre magistrale conçue dans la détresse et l’angoisse de la solitude.
Exemple parfait de l’indispensable utilité de la notion de solitude dans la créativité.

Dans ce poème, se devine le champ lexical de la douleur avec “angoisses”, “balles”, “flèches”, “pointe aigüe”, “les balles”. C’est que Verlaine envisage sa relation avec Mathilde dans un esprit d’amour courtois: de nombreuses références au Moyen-Âge sont en effet effectuées. D’où les tournures emphatiques de ses vers.
Dans le poème suivant, il exhortera à retrouver foi en l’avenir. Et foi il retrouvera en effet.

Ce poème illustre joliment la thématique de la séparation estivale que notre magazine met en avant ces deux mois d’été: de tous temps, se séparer provisoirement de l’être aimé a engendré beaucoup de souffrance. Aujourd’hui, nous avons la chance de communiquer par mail, par texto, par téléphone et autres messageries interposées. Donc le lien reste permanent. Et malgré tout, la détresse reste aussi forte qu’aux siècles précédents, comme si la séparation physique prévalait en douleur sur la séparation morale….Quand on sait que la présence physique de son partenaire auprès de soi n’empêche pas de se sentir seul dans son couple, la question à se poser est celle-ci: ne vaut-il pas mieux laisser l’être aimé évoluer à sa guise et s’enrichir personnellement vers d’autres horizons momentanément, plutôt que le condamner à rester près de soi tout en le sachant ailleurs moralement?

Profitons de cette période de vacances pour y songer…n’est-ce pas, Verlaine?

Karine TUZET

Mercredi, juillet 1st, 2009 1 L'art et la solitude Pas de commentaire

“MADAME BOVARY”, FIGURE DE PROUE DE LA SOLITUDE DANS LE COUPLE!

Comme ce mois-ci le thème de notre dossier psychologique porte sur la solitude dans le couple, une de ses représentations idéales et incontournables en matière de littérature est “Madame Bovary” de Gustave Flaubert. Publié dès 1856 dans la “Revue de Paris”, le roman sous forme de feuilleton valut à Flaubert un jugement pour “outrage à la morale publique et religieuse et aux bonnes moeurs”. Finalement acquitté, il rencontra un grand succès à la parution de son roman, pour le plus grand plaisir de nombreuses générations de femmes depuis.

Mais qu’est-ce qui valut à ce roman subversif autant d’engouement?

L’histoire:
L’héroïne, Emma Rouault, élevée au couvent et vivant avec son père, riche fermier de province et patient du Docteur Charles Bovary (jeune veuf de bonne famille) idéalise l’amour et ses passions. Rapidement séduite par Charles, elle est fascinée par ses lectures romantiques et est persuadée d’être amenée à vivre une vie de bonheur à ses cotés. Charles devient son époux.

En réalité, très vite, sa vie va s’avèrer être étriquée, sans aucun relief. Son mari ne répond nullement à ses envies de péripéties multiples et de passions. Elle sombre peu à peu dans une dépression; Charles décide de déménager dans un bourg plus grand pour l’aider à changer d’air. C’est à partir de cet instant pourtant qu’elle va s’immerger corps et âme dans des aventures adultères, pensant qu’il s’agit là de son seul salut. Hélas chacun de ses amants se lassera vite de son attachement trop passionnel.
Emma, plus amoureuse de l’amour que de l’objet de l’amour, s’étourdira dans des preuves d’amour et d’attachement auprès de ses amants, jusqu’à s’en ruiner. Personne ne pourra lui venir en aide, et surtout pas Charles, inconscient de l’état moral de son épouse. Elle choisira de se suicider à l’arsenic.

Triste fin, pour une triste réalité. Si tant est qu’il faille resituer l’histoire dans le contexte de l’époque et se dire qu’une vie professionnelle et sociale auraient tôt fait d’épanouir différemment Emma Bovary, la thématique de fond reste la même pour bien des couples d’aujourd’hui.

Emma a fait une erreur: elle attendait de son mari qu’il l’aide à s’épanouir, à se révéler, à être heureuse. Or, au moment de la rencontre, elle aurait dû se sentir suffisamment structurée pour ne pas voir en Charles qu’une béquille à un bonheur illusoire.* Rien n’est pire en effet qu’une attente frustrée; tout l’espoir investi dans l’idée d’une union épanouissante et réussie est à la hauteur de la désillusion qui s’ensuit souvent. Et les amants ne sont qu’un palliatif à la quête vaine de ce bonheur.

Qu’aurait-elle dû avoir le courage de faire?
Plutôt que se résigner à vivre toute une vie malheureuse auprès d’un homme qui ne lui correspondait pas et se satisfaire de quelques émotions dans les bras d’amants irréguliers, Emma aurait dû avoir le courage de ses ambitions et choisir de quitter Charles pour vivre pleinement la vie de péripéties joyeuses à laquelle elle aspirait tant dans sa jeunesse. Une fois encore cependant, resituons l’histoire dans le contexte du XIXème siècle, et rappelons-nous que le divorce était très mal vu dans le milieu bourgeois de province. La depression d’Emma est l’expression maladroite suivante: “Regarde-moi, occupe-toi de moi, aime-moi pleinement”. Au-delà de sa déception devant l’impuissance sentimentale de Charles (qui ignore tout des turpitudes de sa femme), la raison principale de la chute de leur flamme se situe dans la non-communication. Charles aurait dû être plus attentif. Emma beaucoup plus expressive.

Une peinture tellement vraie des sentiments
Le plus troublant dans ce roman est la notion de faux semblants, d’illusions et de fantasmes en parallèle d’une vie terne et morne largement prévisible. La vie intérieure d’Emma est bien plus mouvementée que celle qu’elle vit véritablement. Le feu intérieur la destabilise et crée un abyme entre elle et son quotidien. Jusqu’à, hélas, la faire se sentir en marge d’elle-même et commettre l’irréparable.

Un parler vrai sur un ressenti universel.

Gustave Flaubert s’est attaché à décrire une réalité très répandue de ses sontemporains, mais en aucun cas à parler de lui au travers d’Emma Bovary, comme on s’est longtemps plu à le perpétuer. Il dit d’ailleurs: “On me croit épris du réel, tandis que je l’exècre. C’est en haine du réalisme que j’ai entrepris ce roman. Mais je n’en déteste pas moins la fausse idéalité, dont nous sommes bernés par le temps qui court. “( A Edma Roger des Genettes, 30 octobre 1856)

La fausse idéalité, toujours d’actualité dans le coeur romantique de bien des âmes d’aujourd’hui!

Une des plus belles citations du roman:

“Quant à Emma, elle ne s’interrogea point pour savoir si elle l’aimait. L’amour, croyait-elle, devait arriver tout à coup, avec de grands éclats et des fulgurations, — ouragan des cieux qui tombe sur la vie, la bouleverse, arrache les volontés comme des feuilles et emporte à l’abîme le cœur entier. Elle ne savait pas que, sur la terrasse des maisons, la pluie fait des lacs quand les gouttières sont bouchées, et elle fût ainsi demeurée en sa sécurité, lorsqu’elle découvrit subitement une lézarde dans le mur. ”
deuxième partie, Chapitre 4

Karine TUZET

* Voir notre rubrique “la philosophie du mois”: “De l’intérêt à ne pas tout attendre de l’autre”

UN ROMAN BASÉ SUR UNE SOLITUDE DÉRANGEANTE

Le Trouble de la Personnalité Limite est un handicap tabou subi par 3% de la population. Il isole et exclut ses victimes, les murant dans un monde d’angoisses et d’obsessions, qui les empêche d’avoir des relations normales à autrui. Le trouble de personnalité limite (TPL) est un syndrome complexe caractérisé par une impulsivité marquée, une instabilité à la fois au niveau de l’humeur et au niveau des relations interpersonnelles, ainsi que par certains comportements d’automutilations et suicidaires.

“JE NE SAIS PAS” de Catherine Melchior, éditions Benevent.
Ce roman aborde sans tabou le quotidien d’une victime du TPL. L’auteur atteinte elle-même de ce syndrome très peu connu et pourtant fort répandu, ses manifestations y sont détaillées avec beaucoup de sensibilité et d’authenticité.
Mère comblée de quatre enfants, mariée à un musicien aisé qui l’aime d’amour, l’héroïne Lucie a viviblement tout pour être heureuse. Alors pourquoi ce sentiment d’hostilité dans le regard d’autrui? Pourquoi se sent-elle en permanence jugée par “l’autre”, alors que rien ne rend criticable cette femme de bonne famille sans soucis matériels ni problème social apparent?
Le roman prend en compte les crises d’angoisse à répétitions, et ce sentiment d’anormalité dont les victimes se sentent atteintes. Peu à peu, le personnage se bâtit une double vie: sa vie sociale où le souci du regard d’autrui prédomine, et un univers dans une bulle, solitaire et sans issu, construit sur des sables mouvants…

Ce qu’il faut savoir de cette pathologie:
30 % à 40 % des patients de cette pathologie longtemps ignorée, puis souvent dédaignée, feront pourtant une ou plusieurs tentatives de suicide au cours de leurs vies. Tentatives malheureusement réussies pour 10 % d’entre eux. Catherine Melchior dit: “Comme Lucie ne voit pas ce qui peut être la cause de sa douleur, elle ne peut pas se faire soigner d’une chose qui n’existe peut-être pas réellement. Alors, elle se fait mal. Elle a ainsi le droit de dire qu’elle souffre et en expliquer la raison. Et puis quelqu’un soigne cette blessure enfin. Et les soins qu’elle reçoit sont des antidotes. Ils empêchent de sombrer plus profond, d’aller trop loin, de mourir.”

Où trouver de l’information ou de l’aide?

Un omnipraticien (médecin de famille)

Un intervenant d’un centre de santé et de services sociaux (CSSS), d’un organisme communautaire ou d’une clinique privée.

Pour information : www.personnalitelimite.org

Karine TUZET

Vendredi, mai 1st, 2009 1 L'art et la solitude Pas de commentaire

“La Méditation” ou “Voix intérieure” de Rodin

Stephen Haweis & Henry Coles 1903-1904

Stephen Haweis & Henry Coles 1903-1904

La petite histoire…

Initialement prévue à l’extrême droite du tympan de “la Porte de l’Enfer”, œuvre magistrale commanditée en 1880 à Rodin par le Gouvernement pour décorer la porte d’entrée d’un projet de création de musée d’art décoratif à Paris, “la Méditation” se penche en étirant le cou «en un admirable mouvement d’arbre pleureur».
Devenant vite une œuvre à part entière, Rodin s’en inspire à la fin des années 80 pour illustrer le poème de Baudelaire « la Beauté » sur l’exemplaire des « Fleurs du mal » de Paul Gallimard. Il l’exploita également dans d’autres œuvres, dont « le monument à Victor Hugo ».
Ce n’est qu’en 1894 qu’il décide d’en faire l’allégorie des “voix intérieures”. Pour l’intégrer à l’ensemble, Rodin dut la modifier, supprimer les bras, couper un genou, et la partie extérieure de la jambe droite : c’est sous cette apparence fragmentée qu’elle fut agrandie et exposée à Paris.

Notre interprétation…
R. M. Rilke en 1928 dit à son sujet : “Les bras manquent. Rodin les éprouva dans ce cas comme une solution trop facile de sa tâche, comme quelque chose qui ne s’accordait pas avec le corps qui voulait s’envelopper en soi-même, sans secours étranger. (… Les) statues sans bras de Rodin, il ne leur manque rien de nécessaire. On est devant elles comme devant un tout, achevé et qui n’admet aucun complément”.

Et en effet, pour mesurer toute la grandeur du monde intérieur de cette statue, il était important de la faire se concentrer sur elle-même, toute entière tournée vers elle.
Rodin y exprime un assemblage où les formes sont entremêlées, s’articulent et se désarticulent dans une loi très personnelle de la pesanteur. Une manière de capter les tourments d’une âme, les méandres de la pensée et le tourbillon d’un esprit. Une manière aussi de saisir divinement la voix intérieure qui nous anime tous à certains instants de notre vie.

Ce n’est pas la première fois que nous parlons de Rodin dans cette page, son œuvre du «Penseur » ayant déjà été observée et analysée très personnellement déjà suivant l’expression d’un cheminement intérieur.
Avec la « Méditation », nous sommes dans la version féminine du monde intérieur qui pourtant est mixte et universelle.

Par ailleurs, je dirais même que par certains aspects du disloquage de l’œuvre, nous retrouvons l’expression de l’agitation de l’âme des œuvres de Picasso ! La loi du rationnel nous échappe pleinement, et pourtant nous saisissons l’essentiel du message, car nous recevons en plein cœur le message inhérent à l’apparence première du chef d’œuvre. Ici en l’occurrence, nous captons un monde intérieur en pleine réflexion et en pleine auto-analyse qui se suffit à lui-même et qui est indifférent aux éléments extérieurs. Une introspection nécessaire, voire indispensable à la connaissance de soi et de sa voie intérieure (voir à ce sujet l’article de Claire Mazal sur la connaissance de soi du mois d’avril.)

Et qui, mieux placé qu’un artiste, peut comprendre la nécessité impéreuse d’un retour sur soi pour créer et donner le meilleur de soi-même ?
Rodin lui-même affirma au sujet de cette œuvre :”L’étude de la nature y est complète et j’ai mis tout mon effort à y rendre l’art aussi entier que possible. Je considère que ce plâtre est une de mes oeuvres les mieux finies, les plus poussées (sic)”

Félicitations Auguste Rodin, vous réussissez à capter l’essentiel qui souvent est invisible…N’est-ce pas, Monsieur de St-Exupéry?

Karine TUZET

Mercredi, avril 1st, 2009 1 L'art et la solitude Pas de commentaire

Camille Claudel (1864-1943) et Rodin (1840-1917)

Un fol attachement si destructeur.

Camille vers 1885-Photo de César

Camille vers 1885-Photo de César

Camille naît en province en 1864. Elle est l’aînée d’enfants d’une famille bourgeoise. Son frère Paul, plus jeune qu’elle de quatre ans, deviendra l’écrivain qu’on connaît.
Camille, à 17 ans, sait déjà qu’elle veut être sculpteur. À 18 ans, elle monte à Paris tenter sa chance d’artiste et suit les cours de l’Académie Colarossi, les Beaux-Arts n’étant évidemment pas encore accessibles aux femmes.(Il faudra attendre 1889 pour qu’il y existe un département féminin et 1903 pour que les candidates puissent concourir au prix de Rome)

Elle rencontre le sculpteur Alfred Boucher qui l’encourage vivement à créer son atelier rue Notre-Dame des Champs. En 1883, Camille a 19 ans et le destin la conduit sur le chemin d’Auguste Rodin, de vingt-quatre ans son âiné. Elle est son élève, son inspiratrice, son modèle, sa confidente puis devient très vite sa maîtresse. C’est le début d’une très longue passion qui va conditioner la vie de Camille.

Retour sur les faits
Rodin n’est pas célibataire: il vit avec Rose Beuret.
Rodin et Camille passent de nombreuses heures ensemble à travailler à la réalisation des “Portes de l’enfer”; elle-même a déjà realisé des bustes sous l’influence naturaliste et expressionniste de Rodin, avec une touche classique et historique très personnelle: “la Vieille hélène” en 1882, “Paul en jeune romain” en 1884.

Durant dix ans, tous deux conjuguent avec harmonie, passion et créativité, s’auto-influençant et se complétant dans une synergie très efficace. En 1893 pourtant, les rapports commencent à se dégrader. Camille a 29 ans.
Rose est toujours dans la vie de son amant. Camille demande à Rodin de se séparer de cette femme et de

Coll.part. "Verfumne et Pomone" en 1905

Coll.part.

l’épouser elle, puisque leur amour est complet, mais Rodin ne l’entend pas de cette façon. S’il est évident qu’un lien très fort les unit, le talent de Camille finalement s”assimile tellement à celui de Rodin qu’il le sert.
Depuis quelques temps déjà, Camille constate en effet que Rodin ne se gêne pas pour insinuer le doute autour de lui sur la propriété réelle des oeuvres de Camille.. Rodin par opportunisme s’approprie trop facilement les créations pures de son élève, et l’artiste feminine le vit comme la violation d’un territoire trop personnel. Grisé par les commandes officielles et la notoriété explosive, Rodin ne s’aperçoit pas tout de suite que sa muse s’éloigne de lui, préférant transformer son appartement en atelier plutôt que cohabiter avec un vampire créatif. Même si cet éloignement en coûte terriblement à Camille, puisqu’elle en deviendra folle, il est le prix de sa liberté de création.

Un peu comme s’il fallait qu’elle en passe par là pour laisser mûrir son véritable talent, Camille fait évoluer insensiblement ses oeuvres vers des compositions faites d’après nature comme “les Causeuse” ou “Clotho”. Sa relation à Rodin la conduit à la réalisation d’une oeuvre magistrale, “l’Âge mûr” et s’apprête à réaliser en plusieurs versions (plâtre puis marbre ou bronze) toute une série de chefs d’oeuvres tous plus puissants les uns que les autres: ” La Petite Châtelaine” en 1896, l’”Hamadryade” et “La Vague” en 1897, “La Profonde Pensée”, “Le Rêve au coin du feu” en 1899, ” La Fortune ” en 1900, “L’Ecume” en 1901, ” La joueuse de flûte” en 1904, ” La Valse”, ” L’Abandon” en 1905. Toutes présentent une force épique et tragique, et sont l’expression d’une parfaite maîtrise de la technique et du détail, ce qui ne s’observe pas paticulièrement chez Rodin finalement fort classique dans son art.

Telle l’expression d’un déchirement intérieur de l’artiste, les oeuvres de Camille se distinguent de celles de Rodin par une conception assymétrique et déséquilibrée de l’oeuvre, ainsi que les matériaux qu’elle emploie.(marbre, onyx)
“Les baigneuses” saisissent l’influence asiatique du moment; elles feront dire à Camille devant son frère Paul “Tu vois que ce n’est plus du tout du Rodin”…
De plus en plus délaissée par son maître, Camille sombre dans une solitude qui l’éloigne de son entourage. Elle ira jusqu’à détruire une partie de ses dernières oeuvres ainsi que sa correspondance .

En proie à un délire de persécution très prononcé, et une extrême pauvreté, Camille passera une grande partie de sa vie à l’asile et y décédera en 1943.

Nous voici en plein dan le thème de notre dossier psychologique de ce mois de Mars relatif à l’attachement.

À trop vouloir fusionner artistiquement, le créatif peut y perdre son âme en s’éloignant de lui-même. La passion ravageuse de ce couple, quand bien même dépasserait le cadre amoureux en s’insinuant dans le domaine de la créativité, illustre à merveille les dérives potentielles de la passion.
Camille était une artiste hors du commun que la société et le contexte de l’époque n’a pas su valoriser. Il est amer de constater qu’elle n’aura eu droit qu’à une reconnaissance posthume, quand on sait la force de ses pièces. Mais elle se sera nourrie aussi de l’écho fait à son art par Rodin. Sans lui, elle ne serait peut-être jamais véritablement née à elle-même artistiquement. Sans fusion, il n’y aurait ensuite jamais eu scission ni expression libre de ce qu’elle est véritablement. Si elle avait à vie accepté de rester l’élève docile qu’il voulait qu’elle soit, l’histoire aurait cantonné Camille dans un petit rôle de faire-valoir.

En brisant les liens de l’attachement, elle a remis en cause des sentiments fondamentaux, mais au moins ne s’est pas reniée: leur rupture l’a conduite à la création de la sculpture “l’Âge mûr” qui porte si bien son nom quand on sait la maturité que suppose la décision de rompre avec l’aliénation.

Camille et Auguste?

Un attachement par trop ravageur et destructeur qu’un instinct de survie devait briser…

Karine TUZET

Dimanche, mars 1st, 2009 1 L'art et la solitude Pas de commentaire

L’EXCELLENTE IDÉE DE YANN ARTHUS-BERTRAND

Exposition - “6 milliards d’Autres

crédit: Grand Palais

crédit: Grand Palais

Jusqu’au 12 février
Sous la nef du Grand Palais à Paris
Tous les jours, sauf le mardi, de 12h à 20h
Nocturnes les vendredis et samedis jusqu’à 22h

5000 personnes interrogées sur des thèmes universels pendant 4 ans dans le monde entier par une équipe de 6 globe-trotters, 5000 témoignages filmés à visionner dans l’exposition en plusieurs fois!

L’amour, la famille, l’argent, l’éducation, les rêves ou les souvenirs d’enfant, sont la trame de ces 20h de témoignages:

Souvent drôles, parfois tristes, toujours émouvants, les confessions de nos congénères dépassent le barrage de la langue, pour nous atteindre droit au coeur: Ils aspirent tous à être heureux, et le bonheur ne diverge que très peu d’un pays à l’autre.

Le plus de ce concept?
Il était évident que chacun se prêterait volontiers au jeu du témoignage puisque tout être souhaite être écouté et considéré. Quoi de plus beau et de plus fort que de le faire par le prisme de la caméra, devant tous ses contemporains?

Tous, comme nous, grandissent, vibrent, ressentent des émotions dont ils parlent admirablement. Depuis un souvenir instinctif jusqu’à des rêves inespérés, il n’est pas rare de se retrouver soi-même dans toutes ces évocations de vie. Des plans adaptés à une ambiance intimiste viennent renforcer la puissance des messages.Une anthologie qui en dira beaucoup sur nous dans quelques millénaires…!

Au final, on rit, on pleure, on vibre de tout notre coeur, mais on ne reste pas insensible: l’universalité des sentiments, en plus d’exploser les frontières fait tomber bien des tabous:

On se sent tellement moins seuls, ensemble!

À aller voir et revoir jusqu’à satiété! Le 12 février, ce sera fini!

Karine TUZET

Dimanche, février 1st, 2009 1 L'art et la solitude Comments Off

OSER DANS L’ART

Après l’Art d’oser (rubrique philosophique du mois), interrogeons-nous sur l’art d’oser en Art: il nous vient alors subitement à l’esprit le grand écart artistique qu’ont opéré les créateurs de l’art contemporain en opposition à l’art traditionnel… Car il en aura fallu du courage et de l’audace pour oser briser les codifications artistiques installées depuis des millénaires par les artistes du monde entier!

Qu’est-ce que l’Art contemporain?

Assimilé dans la conscience collective aux années 60, il prend en fait sa source dans les expérimentations de la fin du XIXème siècle et du début du XXème siècle avec l’impressionnisme, le cubisme, l’abstraction etc, et déstitute Paris de son rôle d’épicentre mondial de la création artistique au profit de New-York, devenu assez soudainement nouveau pôle majeur de l’Art.

Le tout premier artiste à oser explorer l’art contemporain dans toute son acception est Marcel Duchamp

sss.chess-theory.com

www.chess-theory.com

(1887-1968) qui exprime son art en se libérant des contraintes de la représentation et ouvre la voie aux champs d’investigation toujours plus poussés de la recherche du “beau”. On s’attache plus à solliciter les sensations de l’observateur dans l’immédiat que sa compréhension intellectuelle. L’art devient accessible à tous puisque tout un chacun possède une sensibilité à divers degrés suffisamment développée pour être ou non touché par le rendu d’une oeuvre contemporaine.

Les mouvements les plus connus de l’Art contemporain (liste non exhaustive)

L’Art brut

www.colleges7.org

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Initié en 1945 par Dubuffet, l’art brut s’oppose à l’art culturel en ceci qu’il est spontané et qu’il développe un langage sans aucune démarche intellectuelle. De style enfantin, Dubuffet dit qu’”il se veut toujours à la limite du barbouillage le plus immonde et misérable, et du petit miracle.” Gaston Chaissac, Ossorio, Robert Tatin en sont aussi les dignes représentants.

L’Art cinéthique et op’art (abréviation “d’optical art”)
Il date des années 50, et est fondé sur l’utilisation réelle du mouvement du

www.artsplas.mangin.free.fr

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spectateur: il repose sur des illusions d’optique et développe chez l’observateur une forte capacité d’observation. Ses représentants: Julio Le parc, Nicolas Schöffer, Raphaël Soto, Victor vasarely.

Le Pop Art
Art qui se développe fin 50’s et début 60’s aux Etats-Unis et qui s’attache à représenter les objets et îcones de la société de consommation. Le traitement est presque publicitaire mais se veut finalement ironique (boîtres de soupe Campbell, Marilyn Monroe, images de BD ou hamburgers etc…) Ses dignes représentants: Andy Warhol et Roy Lichtenstein, Richard Hamilton, Om Wesselmann.

Le Nouveau réalisme
Né en France en 1960 à l’initiative d’Yves Klein, cet art part du constat que toutes les pistes de l’abstraction ont été exploitées, et qu’il vaut mieux revenir au figuratif à condition de servir du réel tel qu’il est dans la vie plutôt que chercher à le représenter: réemplois, accumulation d’objets etc…Artmand, César et Jean Tiguely en sont les figures de proue.

La Nouvelle figuration
Cet art est une alternative entre l’abstraction et le nouveau réalisme en ce sens qu’il critique le consumérisme et ses produits dans le découpage, la photographie ou la peinture acrylique sous grand format. (Erro, Henri Cueco, Alain Jacquet, Jacques Monory…)

L’Art conceptuel

www.archeologue.overblog.com

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Apparu en 1965 aux Etats-Unis, l’art conceptuel réduit l’art à l’idée plus qu’à la réalisation à proprement parler: le savoir-faire de l’artiste n’est plus important, c’est l’idée qu’il veut faire passer qui prime: cela se manifeste par des photos, des films, des écrits sur les murs d’une galerie, des installations etc…Robert Barry, Daniel Buren, Joseph Kossuth, Lawrence Weimer s’inscrivent dans ce mouvement.

L’Hyperréalisme
Né aux Etats-Unis vers 1965, il s’agit d’un courant de peinture et de sculpture qui

www.artnet.com

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fait écho au pop art en reprenant des scènes de la vie urbaine de la classe moyenne et les symboles du consumérisme. Approche extrêmement précise et fidèle de la réalité que des artistes comme Chuck Close, Don Eddy, Richard Estes et David Parrish ont su s’approprier.

le Bad painting (”mauvaise peinture”)

www;mik-art.wifeo.com

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Art qui prône le quelconque et le banal au détriment du bon goût puritain et de l’élitisme: on renonce au style et à l’invention et on réhabilite la sous-culture (graffitis etc) .Très prisé par Jean-Michel Basquiat, Keith Haring, ou David Salle.

l’Art numérique
L’art exploré sur internet fait des émules et développe une dimension particulière de l’émulation et de l’interactivité rencontrées: Eduardo Kac, Joseph Sheer, Jeffrey Shaw sont de “jeunes” artistes de l’art numérique.

Karine TUZET

Pour en savoir plus:

Exposition actuelle

“DE MIRO A WARHOL, LA COLLECTION BERARDO A PARIS”

au MUSEE DU LUXEMBOURG
19, rue de Vaugirard
75006  PARIS

jusqu’au dimanche 22 février 2009

(environ13€ la place)

Source: bibliothèque départementale du Loiret
Conseil général du Loiret

Jeudi, janvier 1st, 2009 1 L'art et la solitude Pas de commentaire

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