LA PEUR DU TEMPS QUI PASSE
L’homme est passif et impuissant face au temps qui passe…Il se sent
faible face à la fuite des heures. Il a peur de voir
disparaître les bons souvenirs. Il se voit vieillir et
surtout, il a redoute la mort….La mort qui
représente, pour la plupart des hommes sur terre, une fin
définitive et implacable.
Le temps
est une notion subjective. Le mot
« temps » vient du latin
« tempus », lui même
dérivé du grec
« temnein », couper, qui fait
référence à une division du flot du
temps en éléments finis.
« Temple » dérive
également de cette racine et en est la correspondance
spatiale (le « templum » initial
est la division de l’espace du ciel ou du sol en secteurs
pour les augures). Enfin,
« Atome »
(insécable ) dérive également
de « temnein » (Etymologie du mot
temps dans
« Wikipédia »).
Les
moments d’attente semblent interminables et ceux qui sont
pleins de bonheur passent trop vite. On voudrait que le temps
s’accélère face au danger et on
aimerait le voir ralentir sa course pour pérenniser des
moments de délices. Il nous est, en
général, difficile de vivre le
« Carpe Diem »
d’Horace. Vivre pleinement le moment présent
serait l’idéal mais cet idéal
n’est pas à la portée de tout le monde.
Depuis les Grecs, un concept nommé CRONOS qui, adjoint
à l’Aion et au Kairos, permet de
définir le temps. Le Cronos est le
« tout » du temps :
« Hier était le
jour précédent et demain sera le jour suivant
parce que je suis aujourd’hui ». Pour
l’Homme, le temps
« coule » du passé au
futur. Grâce à ce sentiment de durée,
il peut agir, se souvenir, imaginer, etc..si bien que le temps lui est
devenu essentiel et même banal car critère de
repère majeur de son quotidien. Vous connaissez
cette question qui a laissé muettes des
générations entières de
penseurs : « laisser le temps au
temps » (d’ailleurs remise en
mémoire par François
Mitterrand ) ? Le temps de la bonne
réponse n’est pas encore venu.
Et
si on connaît le découpage du temps
historique : le passé qui
désigne l’espace du réel qui
n’est plus, est avant le présent le
présent qui désigne l’espace du
réel, entre le passé qui n’est plus, et
le futur qui n’est pas encore, le futur qui
désigne l’espace du réel qui
n’est pas encore, après le
présent… …l’homme
a de quoi «en perdre son
latin » !
Ce qui
fait que lorsque nous nous posons ce genre de questions et que nous
n’arrivons pas à y répondre, nous
entrons dans une réaction qui génère
de l’angoisse…La peur du temps qui passe et dont
nous ne sommes pas maîtres.
Devant
toutes ces non réponses, nous voyons le temps qui passe,
souvent bien trop vite, et nous avons terriblement peur de ne pas
arriver à faire tout ce que nous avons envie de faire au
plus profond de nous mêmes. Nous craignons que le temps
s’arrête pour nous, laissant sur cette terre, une
sensation de « non fini », que ce
soit d’ordre familial, matériel, financier ou
surtout sentimental…Car il est évident que
l’un des intérêts majeurs de notre
passage sur terre est bien l’Amour des êtres qui
nous sont chers et à qui nous ne disons pas assez
qu’on les aime.
La prise de
conscience du temps qui passe est une notion subjective
inhérente à la nature humaine. Combien
d’êtres amoureux vivent sur cette terre sans
pouvoir concrétiser cet Amour ? Combien de
personnes n’auront jamais le temps de vivre pleinement leur
Amour ? Combien d’autres
n’auront jamais eu le courage d’aller
jusqu’au bout de leur Amour ? Pour
toutes ces personnes là, le temps est précieux,
il passe trop vite et l’angoisse va grandissant face
à leur prise de conscience intérieure de la non
possibilité de maîtriser
l’écoulement du temps. Cette même
angoisse là entraîne une grande solitude. La
solitude de ceux qui, bien que très entourés, se
sentent souvent bien trop seuls…
Mais,
après lecture de cet article, peut être que si
vous reconnaissez les caractéristiques d’une de
vos angoisses, vous prendrez votre courage à deux
mains ? (et non à demain…Ne jamais
remettre au lendemain ce qu’on peut faire le jour
même..)..Vous aurez compris que si on ne peut rien faire
contre le temps, seuls les actes de la vie laissent des
traces… A bon entendeur !
Vous
pouvez lire dans les pages « Caractérologie »
de ce magazine, les trois possibilités de gestion du temps
que nous rencontrons dans la vie : - je suis toujours en
avance, je suis toujours en retard et je suis toujours à
l’heure-
Chantal ROLLAND |