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Le parfum est un symbole, un rêve; il suscite l’enthousiasme, il embellit la vie. Il est notre complice de chaque jour et de chaque nuit. Le parfum est invisible et pourtant si présent...
Il est une deuxième peau.Il nous devient indispensable et nous apporte, au fil du temps, une force intérieure, une présence qui nous rassure. . Il représente le luxe, la « dernière touche » indispensable à notre image.
Il y a quelques années, il devenait un souvenir, une image, un visage
Aujourd’hui, le parfum est toujours un objet de rêve mais il est aussi le reflet d’une époque. Il doit séduire par sa forme, son flacon, sa couleur, par son packaging. . |
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Sa durée de vie se fait de plus en plus courte (d’où le lancement de plus en plus fréquent « d’éphémères ». La femme d’aujourd’hui veut jouer avec les senteurs. Elle aime suivre la mode des parfums comme elle a plaisir à suivre la mode tout court.Cela ne l’empêche pas de conserver son parfum favori (qui reste et restera sa deuxième peau) mais elle aime jouer avec ses parfums comme avec ses tenues, en fonction de ses emplois du temps et de ses états d’âme. Elle passe d’un parfum mixte des années 90 (Eternity, CK One de Calvin KLEIN, Happy de Clinique, l’EAU D’ISSEY d’ISSEY MIYAKE ) aux parfums puissants comme Indécence de GIVENCHY, j’Adore de DIOR, Fragile de JEAN PAUL GAULTIER, BOUDOIR de VIVIENNE WESWOOD) ainsi qu’aux parfums aux senteurs gourmandes comme ANGEL de THIERRY MUGLER, WISH de CHOPARD, GOOD LIFE de DAVIDOFF)
Dès que les beaux jours arrivent, cette même consommatrice continue à flirter avec les senteurs de jardin ( l’EAU de CAMPAGNE de SISLEY, les AQUA ALLEGORIA de GUERLAIN )
Et dès qu’elle veut se retrouver dans sa vraie « deuxième peau », elle renoue avec son parfum traditionnel, se retrouvant souvent dans les classiques indémodables tels que N°5 de CHANEL, SHALIMAR ou MITSOUKO ou SAMSARA de GUERLAIN, FEMME de ROCHAS, PARFUM de PEAU de MONTANA, AROMATIC ELIXIR de CLINIQUE, OBSESSION de CALVIN KLEIN, L’AIR DU TEMPS de NINA RICCI etc...
Elle aime les flacons originaux. Elle délaisse momentanément son parfum préféré pour pouvoir posséder un de ces flacons...Elle trouve là « l’objet de rêve ». Aujourd’hui, nous trouvons deux genres de parfumeries : la parfumerie artisanale et la parfumerie industrielle.
La parfumerie artisanale est faîte pour les consommatrices qui aiment ce que les autres n’ont pas. Le « nez » créateur traite en direct avec la clientèle. Son choix pour les matières premières est très rigoureux. Celui qui a le plus traité en direct avec le public se nomme Jean François LAPORTE. Maître Parfumeur et Gantier à Paris, il nous explique :
« La qualité originale et particulière de nos matières premières nous permet de proposer à nos clients des compositions en accord avec leurs propres désirs. Cette méthode nous apporte une collection de produits diversifiée et importante. Pour ma part, je suis le seul Parfumeur Créateur en France. Je traite en direct avec le public. J’ai mes boutiques et je suis en même temps négociant. Je reçois mes clients dans des boutiques à l’image des cabinets à parfums d’autrefois ».
On distingue donc deux procédés de fabrication : la distillation et l’extraction.
La distillation consiste à extraire le parfum par vapeur d’eau dans un alambic (cuve en acier surmontée d’un tuyau en forme de serpentin dans laquelle on place les végétaux avec un volume d’eau égal à 5 à 10 fois le volume de ces végétaux). Cette cuve est chauffée sous pression afin que l’odeur du produit soit entrainée par la vapeur. Cette vapeur se condense en traversant le serpentin et en refroidissant et devient ce que l’on appelle « de l’huile essentielle. C’est la rareté de ce produit par rapport au poids des végétaux qui fait le prix élevé de ce produit.
Les huiles essentielles constituent pour la plupart, les notes de tête.
La note de tête est la senteur chimiquement volatile, celle que l’on sent quand on vaporise son parfum sur soi et qui sent souvent l’alcool.
L’extraction consiste à faire infuser les matières végétales dans un mélange d’eau et de solvant à une température de 60 à 70° environ. Après évaporation, on obtient une sorte de cire appelée « concrète » à laquelle on mélange de l’alcool chauffée puis refroidie pour éliminer la partie huileuse de la concrète et obtenir ainsi « l’absolue ». Autrefois, à la place des solvants, on y mettait de l’huile mais aujourd’hui, il est utilisé des solvants volatils comme le méthanol, le benzène, l’éthanol ou le dioxyde de carbone).
L’absolue est utilisée la plupart du temps en note de fond.
La note de fond est celle qui est la plus diffusive et qui tient le mieux et qui persiste plusieurs heures sur la peau.
Entre la note de tête et la note de cœur, il y a la note de cœur qui se diffuse entre la 2e et la 3e heure. C’est aussi celle qui définit le parfum.
Chaque solvant est sélectionné en fonction d’un type de plante. Par exemple, le CO2 est utilisé pour extraire des substances peu odorantes comme les graines, les épices ou les écorces. Chauffé sous pression à une température de 40°, le CO2 devient liquide : on y met les végétaux sans avoir à les faire chauffer. Une fois évaporé, il ne reste aucune trace du solvant.
Les parfums de synthèse :
Les molécules de synthèse n’ont pas complètement remplacé les matières premières naturelles, mais complètent toute la gamme de fragrances à disposition du parfumeur. L’odeur de synthèse y est quelquefois même plus fidèle comme par exemple pour le parfum de la rose.
Comme certaines matières premières sont difficiles à trouver (les fleurs qui ne poussent que quelques jours par an ou qui sont cultivées dans des endroits trop lointains ou mal placés par exemple). Grâce aux parfums de synthèse, les parfumeurs peuvent obtenir un parfum stable et en grande quantité.
50 à 90% de la composition d’un parfum est constitué par des molécules de synthèse ! Certains appareils sont capables, de nos jours, de « sentir » un bouquet, d’analyser chaque odeur et de les recréer artificiellement. On peut même inventer des odeurs pour obtenir des produits qui sentent la truffe, le vin le citron ou le chocolat… |
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Le parfum et les femmes, les habitudes
Le parfumage commence par le gel de douche ou les sels de bain correspondants au parfum choisi. Après la toilette du matin, l’idéal est de vaporiser sur le corps une brume aux senteurs assorties, un déodorant de la même gamme et le parfum sur les points stratégiques (cou, poignets) plus l’eau de toilette sur les vêtements et les cheveux. Le soir, après la douche ou le bain au gel parfumé, les femmes aiment envelopper leur corps dans une crème parfumée qui assouplit, hydrate la peau tout en laissant un sillage léger du parfum préféré. Certaines femmes n’utilisent que des gels de douche et des eaux dynamisantes et stimulantes le matin (CLARINS, L’EAU TONIQUE D’ELANCYL etc...) et relaxantes le soir (eaux aux huiles essentielles relaxantes) Attention, l’été, les habitudes différent car l’association parfum (alcool) et soleil est dangereuse pour la peau et provoquent des tâches inesthétiques. Il est préférable d’utiliser des eaux sans alcool ou les eaux stimulantes qui peuvent être employées au soleil. D’autre part, l’été, les femmes utilisent de préférence, des senteurs plus légères que celles utilisées l’hiver. C’est pourquoi les eaux fraîches et les eaux sans alcool sont très prisées. |
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Nous avons suivi avec SYLVAINE DELACOURTE, la fabrication des parfums de GUERLAIN dans son usine de fabrication d’ORPHIN (près de RAMBOUILLET) .
« Cette usine moderne, ouverte depuis 1994, fabrique plus de 80 parfums différents et plus de 50 concentrés différents. Ces jus et ces concentrés servent à la fabrication des parfums et des cosmétiques et soins de la maison.
Dans la première salle, sont fabriqués les concentrés de parfums. Toutes les ampoules sont sous vide anti-déflagration. Le sol est légèrement incliné et une sonnette d’alarme fonctionne dès qu’une goutte d’alcool se trouve au sol. Tout cela par mesure de sécurité.
La macération des concentrés se fait dans la deuxième salle avec une température de 13-14° et un contrôle labo.
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Dans la troisième salle (salle de dilution), de grandes cuves sont équipées d’agitateurs. Le concentré de parfum (qui arrive de la deuxième salle par tuyaux,avec les matières premières et l’extrait (alcool à 95°) sont mélangés à l’eau déminéralisée. Tout cela brassé par l’agitateur.
Dans la quatrième salle, le parfum est presque finalisé. Mis un mois au repos avec agitateurs qui mélangent le parfum automatiquement et régulièrement.
Puis filtrage et c’est ainsi que le parfum arrive directement dans la chaîne de remplissage par les tuyaux. Aucune manipulation humaine jusqu’aux chaînes.
Les flacons d’extraits de Parfums sont finalisés à la main.
Sur le cou de ces flacons, une personne fixe une baudruche (fine membrane pour fermer hermétiquement le flacon). Puis mise en place d’un noeud fait main avec du fil de soie, apposition du sceau GUERLAIN pour fermer cette cordelette de soie et brossage de cette cordelette pour en faire une barbichette étalée sur le haut du flacon en arc de cercle. Rectification aux ciseaux pour que tout soit parfait et mise en coffret. Le coffret est recouvert d’un film plastique entièrement fermé avec beaucoup de délicatesse et de doigté à la main »
. Le sculpteur des flacons pour GUERLAIN, Monsieur GRANAI travaille en collaboration étroite depuis CHAMADE en 1969 , avec Monsieur JEAN PAUL GUERLAIN et le marketing.
Nous avons rencontré d’autres parfumeurs :
Françoise DONCHE, olfatologue chez GIVENCHY, a pour rôle le recrutement des nez qui vont l’accompagner tout le long de la création. Celle-ci se fait avec plusieurs personnes afin d’avoir le maximum de d’inventions, de personnalisations et d’idées en osmose avec l’équipe marketing.
Sortant de l’école de la Parfumerie de Versailles créée il y a 25 ans par la Fédération de la Parfumerie, pour la formation du développement des « nez », elle possède une grande connaissance sur les « matières olfactives ».
Elle nous explique :
« Le parfum GIVENCHY est créé sur mesure et façon haute couture. Pas de courant de mode, pas d’éphémères; complètement hors des tendances. Toutes les créations sont des créations intemporelles, ulta-sensorielles et ultra-émotionnelles de la « matière ». L’assemblage des ingrédients se fait dosage par dosage. C’est un travail d’un an minimum. Toute l’équipe lance les idées pendant plusieurs mois. Puis arrêt à mi-chemin et choix du « jus »à poursuivre pour être en phase avec le marketing. Ce qui représente à peu près 500 essais sur une année. Sur ces 500 essais, seulement 10% des résultats sont reconnus « intéressants » pour être travaillés et finalisés. Ces personnes qui travaillent sur la création sont de vrais compositeurs au même titre que les peintres ou les musiciens. Ils ont une totale fascination pour la matière qu’ils développent ».
Les clientes GIVENCHY ont entre 30 et 50 ans et sont, pour 80 à 90%, des fidèles. D’après Françoise DONCHE, en France, les femmes ont trois parfums : le fétiche (celui qu’elles gardent toute la vie, qui est le miroir de leur personnalité), le produit de la bonne humeur (qu’elles mettent pour le sport, les vacances, les sorties plein air) et le produit occasionnel qui répond au style de vie (pas trop fort pour le travail ou qu’elles préfèrent quand elles sont enceintes etc...).
Dans la Parfumerie industrielle, la création d’un parfum est essentiellement un travail d’équipe. Il y a toujours un chef d’orchestre nommé « Directeur(trice) Marketing International Parfums » qui synchronise les différents talents (nez, designers, publicitaires, mannequins, marketing etc...).
Chez DIOR, SABINA BELLI a cette caractéristique fondamentale de maintenir le cap, d’être rassurante envers son équipe quand celle-ci émet des doutes en lui faisant comprendre que l’idée est bonne. Son rôle en début de création est de bien analyser la marque, de connaître le besoin d’expression à ce moment précis de la valeur de la marque (féminité, émotions, origines haute couture, rêve, beauté, etc...) Elle en est arrivée à ce poste par amour du luxe dans lequel évoluent des créateurs de grande sensibilité et pleins d’émotions.
Par exemple, pour le dernier parfum « J’ADORE » de DIOR, SABINA BELLI nous explique : «Après l’analyse expliquée plus haut, est venu le moment où nous avons dû définir quel serait le type de fragrance en accord avec notre idée de création : émotion, sophistication, très féminin = grand floral.
Nous lui avons trouvé un nom en fonction de la valeur de la marque (féminité, sophistication): J’ADORE.
A partir de là, nous avons commencé à travailler main dans la main, en partenariat avec les parfumeurs d’une société extérieure pour le jus. Puis avec les personnes responsables de l’image publicitaire, celles de la fabrication du flacon.etc...
Une fois terminé, le produit a été distribué à plusieurs consommatrices dans le monde entier pour « validation des convictions »(tests sur sa tenue, sa puissance, sa douceur etc...)
Si les résultats ne sont pas satisfaisants, le « nez » retravaille son produit. Chez DIOR, un nouveau Parfum se créée en 18 mois à deux ans.
Chantal ROLLAND
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Quelques chiffres donnés par un dossier de « Cosmétique Magazine »des années passées :
En France, ce sont les femmes de 25 à 44 ans qui utilisent le plus d’eaux de toilette et d’eaux de parfum. Les eaux de toilette constituent presque 50% des ventes de produits parfumants. Après 55 ans, ces produits sont remplacés par les eaux de cologne. Le niveau de consommation des produits parfumants culmine à 25 ans et décroît progressivement après cet âge. Les femmes achètent de plus en plus des produits « pour rafraîchir » dans les trois secteurs (eaux de toilette-parfum, eau de cologne et parfum. Cette attente est devenue prépondérante surtout pour l’eau de cologne. L’attente pour prévenir les odeurs ou la transpiration est plus marginale mais progresse pour le parfum. |
A visiter, l’Osmothèque , unique en son genre, qui se situe au 36 rue du Parc de Clagny 78000 VERSAILLES tél. : 01 39 55 46 99. Visites sur rendez-vous les mercredis après midi et deux samedis par mois. Minitel : 3617 code FIPAR |
Le savez vous ?
Le musk est présent dans 35% des parfums. Il est aujourd’hui fabriqué artificiellement mais était extrait, autrefois des cerfs mâles.
Les parfumeurs travaillent avec plus de 400 ingrédients naturels et 3000 molécules de synthèse.
Il existe, à ce jour, au moins 200 constituants du jasmin.
L’odeur du muguet est impossible à extraire. On est obligé de le recréer que par parfum de synthèse alors qu’il est impossible de reproduire chimiquement l’odeur du patchouli.
Pour extraire 1Kg d’huile essentielle, il faut 200 Kg de lavande, 1000Kg de fleurs et 3 tonnes de pétales de roses ! |
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