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Vous êtes une maman débordée ?
Vous mourez de faire un break, sans oser l’avouer ?
Comme moi, en fait…
Nos chérubins, on les adore. C’est bien simple, depuis qu’on les a dans notre vie, on se demande comment on a pu aussi longtemps vivre sans eux. Depuis eux, on se sent…plus épanouie, plus femme, plus accomplie tout simplement.
Déjà, quand il était tout nourrisson, on se réveillait la nuit juste avant ses pleurs, nos seins, si on l’allaitait, nous rappelaient à l’ordre avant même l’émission d’un seul de ses cris de faim. Un instinct follement naturel, cet instinct maternel…Et puis, il a grandi. Nous aussi, d’une certaine façon. C’est fou, ce qu’on apprend à ses côtés! Tout redevient si simple en se replongeant dans l’enfance. Et parfois si compliqué aussi. Car une seule question anodine peut remettre en cause notre savoir fondamental, en nous déstabilisant pour la journée .
Que ce soit sur un plan technique:
“Mais maman, ça fonctionne comment au juste, un train à vapeur ?”;
Sur un plan existentiel:
“ Toi aussi, un jour, tu partiras dans les étoiles, comme jacquot l’escargot ? “
ou encore sur un plan intime:
“Mais enfin pourquoi faut-il toujours que tu demandes l’avis à papa pour tout ?
Tu ne sais donc pas prendre une décision toute seule ?”
Ce jour-là, vous l’avez faite mentir, votre fille, car vous n’avez pas eu à consulter votre mari pour lui flanquer une bonne fessée ! Elle qui s’interrogeait sur votre place dans votre couple! …mais au fond, en y réfléchissant bien, c’est vrai, où se situe t-elle votre place dans votre couple? Et dans votre vie de mère? Et dans votre vie de famille ? Et dans votre vie sociale? Retrouvez-vous dans le quotidien cette image d’épinal que vous vous étiez forgée en épousant Edouard, auprès duquel l’avenir paraissait alors si prometteur? Pourquoi ces derniers temps, êtes-vous si irritable avec lui? Lui qui est en toutes circonstances tellement égal à lui-même…c’est bien simple, c’est une vraie mer d’huile! Il n’a à priori rien fait de particulier pour provoquer ces crises d’angoisse grandissantes Et les gamins dont vous ne supportez plus les cris le week-end et dont vous n’entendez même plus les questions quand vous êtes rivée à votre ordinateur! Pourquoi cette irritabilité soudaine quand, entre copains avec enfants du même âge que les vôtres, vous vous apercevez qu’il est impossible de suivre une conversation à peu près structurée à cause de l’intervention intempestive de ces petits êtres dans votre espace vital? (“Maman, maman, maman!!!)” Vous qui étiez si disponible pour eux, il y a encore peu, que vous arrive t-il? Pourquoi resongez-vous avec nostalgie à vos soirées d’étudiante, à vos virées de célibataire insouciante, à la merveilleuse liberté de vos vingt ans, en vous morfondant sur un temps révolu qui ne reviendra jamais plus ?
Et si vous souffliez un peu, tout simplement ?
Comment ?
En faisant un break! De plus ou moins longue durée.
Je vous entends d’ici penser “un break? Avec Edouard, les deux enfants, les hamster nains et Colbert notre Labrador , il est tout-à-fait impensable d’envisager l’éventualité d’une absence prolongée sur un week-end!!”
Mais pourtant, vous en mourez d’envie!! Et ne mentez pas, je sais que vous y avez pensé rien qu’une fois au moins ces derniers temps. Avec cette manie d’imaginer qu’on est indispensable, on commet bien des erreurs de jugement sur notre entourage.
Car primo: Sans nous, ils s’en sortent très bien! Si, si, c’est vrai. C’est sûr que ce ne sera pas exactement comme avec nous, mais justement, c’est ça qui est bien, ce sera different!! Les enfants vont y prendre goût…
Secondo: Les enfants se rapprocheront encore plus de leur père, et penseront peut-être à un peu plus à le solliciter pour x ou y raisons à l’avenir. Et la fierté d’Edouard s’en trouvera émoussée.
Tertio: chacun vous fera une fête de folie à votre retour, et vous, vous savourerez vos retrouvailles en prenant soin de veiller à la qualité du temps passé avec vos chérubins, puisque vous aurez évacué toute tension inutile.
Et si, malgré ces quelques arguments, il vous reste une once de culpabilité, voici ce que me disait une amie mère au foyer récemment “ quand on est jeune-fille célibataire, on rêve au prince charmant, quand on rencontre le prince charmant, on rêve d’avoir des enfants, quand on a les enfants, on rêve de redevenir célibataire!”
Sachez qu’il est normal d’avoir envie de souffler quand on est une maman, qu’il est normal même recommandé de savoir rester concentrée sur nos sources d’équilibre habituelles. D’accord on adore nos enfants, mais entre leur emploi du temps et notre job, on ne se permet plus de vivre pour soi de peur d’être affublée de mauvaise mère. Et on peut à la fois adorer nos enfants et penser à nous.. et donc on a le droit aussi de continuer à développer nos passions d’antan comme le tennis, la danse, l’équitation ou le poker entre amies pour se retrouver soi-même par intermittence et se ressourcer en un clin d’oeil!
Quand la coupe est pleine, rien de tel qu’une virée entre copines pour retrouver votre insouciance de jeunesse et profiter joliment d’une cure de rire!
Ce qui est cependant très structurant comme expérience, c’est de s’absenter deux ou trois jours pour réapprendre à vivre avec soi-même et pour soi-même. Au départ, cela peut paraître incongru. Et pourtant, Dieu sait combien c’est bon et louable de savoir prendre soin de soi de la sorte .
Pour les plus veinardes, un week-end sera organisé chez les beaux-parents pour Edouard et la tribu: vous les accompagnez jusqu’à la gare pour limiter au mieux les effets de la culpabilité, et dès que le train démarre, vous ne penserez plus qu’à vous, vous et re-vous! Mais attention, il n’est pas question de faire n’importe quoi en draguant tout ce qui porte un pantalon, une chemise et des ray-ban, non, vous allez être irréprochable. Vous aurez rendez-vous avec vous, Madame! Un rendez-vous d’une extrême importance. Déjà, autorisez-vous à flâner, rien que pour le plaisir de marcher sans but dans les rues. Installez-vous à une terrasse de café si le soleil vous y autorise, observez les gens, repérez des tenues sympas chez les femmes ou des regards troublants chez les hommes, rien que pour le plaisir des yeux. Soyez souriante, vivez pleinement votre détente. Puis, vous rentrerez tranquillement chez vous; évitez entre temps de trop faire griller la carte bleue dans des tentations futiles, faites-vous plaisir quand-même, mais mesurément. Rentrez ensuite à la maison, mais n’ayez pas tout de suite le réflexe télévision, CD ou radio. Ce sont trop d’obstacles à des retrouvailles avec soi-même.
Aucun élément extérieur ne doit venir perturber une introspection! Mettez-vous en condition, prenez un bon bain, asseyez-vous en tailleur dans l’endroit le plus douillet de la maision et effectuez un voyage intérieur. Fermez les yeux. Inspirez, expirez profondément. Concentrez-vous sur vous-même. Posez-vous les vraies questions: ce qui perturbe votre vie, les solutions possibles pour y remédier, ce qui parviendrait à vous faire atteindre la sérénité. Parfois, le simple fait de s’interroger ainsi soi-même peut nous aider à prendre du recul et à y voir plus clair et à mieux relativiser les problèmes. Ensuite, efforcez-vous de chasser toute idée parasite qui viendrait encombrer vos réflexions. Visualisez le geste qui chasse la mouche et chassez de la même façon toute idée sombre, angoissante ou défaitiste. Souriez. Si, si, forcez-vous, vous verrez, l’effet est immédiat, le coeur se déride. Et maintenant fixez-vous les nouveaux objectifs qui feraient que vous vous sentiriez mieux dans votre vie de femme, d’épouse et de mère. Prenez le temps qu’il faudra, cette introspection est essentielle pour vous retrouver vous-même…
Une fois que votre coeur est apaisé, que vos idées sont comme plus lumineuses et positives, autorisez-vous tout ce que vous ne pouvez pas faire quand votre petite famille est là: cocooning pour certaines sans timing pour les repas et le sommeil, chouchouting beauté pour d’autres avec le lot institut de beauté- coiffeur- masseur, séance de lecture prolongée, cinéma à gogo, etc, etc, les idées ne vous manqueront pas.
Pour celles qui ne voient pas comment se débarrasser de leur tribu plus de trois heures, profitez à bon escient des conseils précédents, mais de façon plus concentrée ( avec une large part accordée à l’introspection quand-même). Faites-le régulièrement, même une fois tous les trois ou six mois, mais vous verrez que vous en sortirez chaque fois bien plus construite et engageante, et ce seront Edouard, Alphonse et Emilie qui en profiteront! (sans parler des hamsters nains et du Labrador)
Une règle d’or à avoir en vue dans ces séances: trop de culpabilité nuit à l’acuité!!
En cette période de fête des mères, vous devriez déjà programmer une prochaine séance…Voyez avec Edouard ?
Oh, non, Emilie a vraiment raison…
Karine TUZET
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