HOMÉOPATHIE : LE REMÈDE UNIVERSEL ?
Un français sur trois fait confiance à l’homéopathie. Phénomène de mode pour cette médecine différente… ou plus simplement succès d’une thérapeutique efficace, non toxique et peu chère.
L’homéopathie repose sur trois grands principes ou lois : la loi de similitude, la loi d’infinitésimalité et la loi de la globalité.
La loi de similitude ou « similia curantur » correspond au principe selon lequel pour combattre la maladie, on doit utiliser à dose infime les substances qui produisent chez un sujet sain les mêmes symptômes que ceux produits par la maladie. Par exemple, la racine d’Epica provoque des nausées, une sensation d’oppression et des sifflements dans la poitrine lorsqu’elle est ingérée par accident. Ces symptômes sont similaires en cas d’indigestion, d’asthme ou de coqueluche ; ils inciteront donc le médecin à prescrire dans ces cas particuliers Epica.
La loi d’infinitésimalité consiste à utiliser des médicaments ne contenant qu’une dose infime de substance et ayant donc subi d’importantes dilutions. C’est à partir de la teinture mère que sont fabriquées les dilutions centésimales. En diluant un volume de teinture mère dans 99 volumes d’un mélange eau-alcool, on obtient après dynamisation (le produit est agité très fortement) la dilution 1CH. Pour obtenir une dilution de 2CH on mélange un volume de 1CH dans 99 volumes du mélange eau-alcool que l’on dynamise à nouveau. Et ainsi de suite.
Jusqu’à 30 CH.
La loi de globalité (certains l’appellent d’individualité) est la troisième base de l’homéopathie. En s’appuyant sur la loi de similitude, le médecin homéopathe prescrit à son patient la substance dont les symptômes se rapprochent le plus de son cas. Mais Epica ne guérit pas toutes les nausées et les vomissements. Le médecin doit alors tenir compte des symptômes de réactions propres au malade et soigner son patient dans sa globalité ou son individualité.
UN PEU D’HISTOIRE
L’homéopathie est bicentenaire. Elle a été découverte à la fin du XVIIIe par Samuel Christian Hahnemann médecin et chimiste qui, après de nombreuses années de recherches sur les maladies, était parvenu à la conclusion, que « toute substance capable à doses pondérables de provoquer des symptômes chez un sujet sain, à dose infinitésimale, guérira ces mêmes symptômes chez un sujet malade ».
C’est d’ailleurs la définition du mot homéopathie qui signifie « semblable maladie » par opposition à l’allopathie. Hahnemann, qui pour évaluer les effets des médicaments les testait sur lui-même, avait ainsi découvert par hasard que le quinquina utilisé normalement pour lutter contre la fièvre, provoquait chez lui, bien portant, des réactions fébriles.
LES MÉDICAMENTS HOMÉOPATHIQUES
Ils sont préparés avec des matières premières appartenant au règne végétal (des plantes récoltées suivant des normes très strictes et utilisées à l’état frais après de sévères contrôles botaniques), animal (venins d’abeilles, fourmis, reptiles, hormones et secrétions physiologiques) et minéral (sels minéraux, métaux toujours sélectionnés à l’état le plus pur). Ils se présentent sous différentes formes (ampoules, suppositoires, pommades) mais les plus employés sont les gouttes, les globules et les granules. Tout simplement parce que des décennies d’expérience ont prouvé que la voie sublinguale (médicament pris sous la langue) était la meilleure voie d’administration du remède homéopathique. Les gouttes réservées aux dilutions basses sont présentées sous la forme d’un excipient alcoolique à 30°. On les prescrit par prises de 15 à 20 gouttes deux à trois fois par jour.
Les globules sont des minuscules sphères de saccharose et de lactose présentés en tube dose, à prendre en une seule prise en laissant fondre doucement sous la langue. Les globules sont réservés aux dilutions moyennes et hautes (7 à 30 CH) et prescrits une fois par jour pendant un temps limité ou une fois par semaine.
Les granules sphériques sont également composés de saccharose et lactose et sont dix fois plus gros que les globules. Présentés en tube de 75 à 80 granules, ce sont des médicaments que l’on prescrit en général par prises de 3 à 5 granules plusieurs fois par jour. Les dilutions les plus utilisées sont les 5CH, 7CH, 9Ch, 15CH et 30CH. Attention, 15CH n’est pas égal à 3 fois 5CH. C’est le mode de prescription qui lui confère une action à des niveaux différents de l’organisme.
COMMENT ÇA MARCHE ?
Pour répondre à une exigence de clarté internationale, les médecins homéopathes du monde entier prescrivent des médicaments de la même manière, en latin. En France, les médicaments homéopathiques sont fabriqués dans des laboratoires pharmaceutiques spécialisés et sont inscrits à la Pharmacopée Française. Il n’est pas inutile de préciser que le prix moyen d’un médicament homéopathique est 4 fois moins élevé que celui d’un médicament allopathique…
Résumer l’homéopathie comme étant une médecine soignant le mal par le mal est toutefois trop simpliste même si cette dernière suscite depuis sa découverte des controverses passionnées. On pense que l’homéopathie exerce une régulation biologique et qu’elle stimule le système immunitaire. Si vous préférez, qu’elle aide le patient à se guérir lui-même.
L’IMPORTANCE DE LA CONSULTATION HOMÉOPATHIQUE
Le médecin homéopathe est avant tout un médecin allopathe qui a parfait ses études de médecine par trois années de spécialisation en homéopathie. Il va surtout s’attacher à la façon dont un patient réagit aux agressions. L’examen clinique est classique, complété si nécessaire par des analyses et des radiographies. Mais le médecin homéopathe va poser à son patient toutes sortes de questions insolites : préfère t-il le salé ou le sucré, le chaud ou le froid, se sent-il à l’aise au milieu de la foule, transpire t-il de la tête la nuit… Un interrogatoire certes long mais l’analyse des réponses permettra au médecin de définir le « type réactionnel » de son patient et lui prescrire tel médicament plutôt qu’un autre. Deux personnes atteintes de grippe auront en commun de la fièvre, des courbatures. Mais l’une sera agitée, l’autre abattue. L’une aura soif, l’autre pas. Le remède ne sera alors pas le même pour les deux patients.
L’IMPORTANCE DU TERRAIN
Hahnemann a établi la théorie des maladies chroniques. En effet, dans l’histoire médicale d’un individu, les maladies ne surviennent pas par hasard. Un exemple : celui d’un nourrisson atteint d’eczéma que l’on soigne, sujet à des bronchites asthmatiques puis qui développe vers l’âge de six ans de l’asthme, à l’adolescence des migraines et enfin à l’âge adulte de la colite. Pour le médecin homéopathe c’est la même maladie avec un fil conducteur qui est le terrain. Et le terrain c’est la logique générale qui fait qu’une maladie succède à une autre. Il existe quatre grands terrains en homéopathie : la psore, la cycose, la luèse et le tuberculinisme. Une fois le terrain déterminé le médecin homéopathe va s’efforcer de rééquilibrer l’état général de son patient en renforçant ses défenses immunitaires.
L’HOMÉOPATHIE POUR QUI ET POURQUOI
L’homéopathie est une médecin de tous les jours qui s’adresse à tous y compris les petits enfants et les animaux chez qui elle marche remarquablement. Ce qui prouve s’il en était besoin son efficacité, les enfants et les animaux ne pouvant être taxés de parti pris. Ses principes d’indication sont toutes les pathologies courantes en particulier :
-les allergies cutanées, l’asthme, le rhume des foins.
-les troubles nerveux, le stress, l’angoisse, l’insomnie, la déprime
-les problèmes de poids, ceux dus au tabac
-les problèmes de la sphère O.R.L, rhume, sinusite, otite, rhino-pharyngite
-les douleurs articulaires, rhumatismales et dentaires
-les troubles digestifs, la constipation
-les brûlures, les piqûres d’insectes, les petits bobos cutanés…
Bien sûr elle est impuissante dans le cas de cancer, sida ou autre maladie infectieuse grave. Mais l’allopathie et l’homéopathie sont alors tout à fait compatibles. En soignant plus le terrain que la maladie, l’homéopathie va intervenir très positivement au niveau du stress, de l’angoisse et de certains malaises ressentis par le malade. Elle agit alors en véritable complément. Et ce qui est très important, c’est que l’homéopathie est dénuée de toute toxicité, les doses étant infinitésimales. Inutile donc de paniquer si un enfant avale par accident un tube complet d’un médicament destiné à un adulte, le médicament en question ne provoquant pas de réaction en l’absence de trouble. Comme l’explique un spécialiste « chaque produit a sa longueur d’onde et elle ne peut être captée que par celui qui est branché sur cette longueur d’onde précise ».
L’homéopathie est encore une médecine jeune même si l’on peut faire remonter ses origines à Hippocrate, considéré comme le père de la médecine et pour qui les symptômes individuels déterminaient le remède, le corps ayant le pouvoir de guérir spontanément.
Il est évident que nous n’avons pas pu vous entretenir dans cet article de toutes les facettes de l’homéopathie, mais nous essaierons de compléter votre information dans les mois à venir.
Martine VIAL |