histoire des Saintes Maries de la Mer

 

Les Saintes Maries de la Mer sont, depuis toujours, un lieu de pèlerinage. A l’époque des Mérovingiens, on venait de très loin prier St Hippolyte.

Au XIVe siècle, ce culte disparaît pour laisser la place aux Saintes Maries. En effet, tous les 24 et 25 mai, aux Saintes Maries, des milliers de gitans se retrouvent pour participer au pèlerinage.

Pourquoi ce pèlerinage ?
On raconte que deux sœurs Marie-Jacobé et Marie Salomé accompagnées de Marie Madeleine débarquèrent, par miracle, sur la plage des Saintes, venant de Palestine sur une petite barque, en compagnie des proches du Christ. Elles convertirent à la nouvelle foi tous les nomades qui parcouraient la région. Après une vie bienfaisante, elles reçurent les sacrements du premier Evèque d’Arles qui s’appelait Saint-Trophime.


Mais qui est donc cette Sainte Sara que viennent adorer tous les gitans chaque année le 24 mai ?
On dit qu’il s’agirait de la servante égyptienne des Saintes Maries. Elle aurait vécu avec les deux sœurs et Marie Madeleine en Palestine. Quand les juifs les ont abandonnées sur l’eau, Sara fut oubliée au bord de la mer. Voulant absolument ne pas quitter ses maîtresses, elle étendit son voile sur la mer en guise de bateau et rejoignit ainsi l’embarcation. D’autres prétendent qu’elle fut recrutée sur place après le débarquement…Puis, la tradition gitane veut que lors des migrations qui conduisirent les gitans des pays de l’est vers l’océan , vers 1496, une femme à la peau noire les aurait guidés au milieu des difficultés de ce voyage. Les gitans l’identifièrent à Sara, devenue, depuis, leur grand Patronne. A leur mort, les trois Maries et Sarah ont une sépulture sur laquelle on élève un oratoire puis une église. De nombreux miracles répondent à la faveur populaire. Le culte des Saintes entre dans l’histoire et des pèlerinages autour du sanctuaire perpétuent la légende. Depuis, l’ampleur des pèlerinages n’a cessé de croître.

 

C’est pourquoi, tous les ans, en mai, les gitans reviennent pour fêter leur Sarah. Les pèlerins transportent dans les rues de la ville une magnifique barque toute décorée de fleurs dans laquelle sont représentées les Saintes. Les Saintes Maries de la Mer sont devenues un lieu de dévotion mais aussi de rencontres de tout le peuple gitan. Pour les gitans, ce pèlerinage est une grande fête de trois jours, marquée par la foi, les retrouvailles familiales et le commerce, rythmée par les prières, les chants et, bien sûr, le son des guitares.
Le premier jour, l’après midi, a lieu la descente des châsses enfermant les reliques des Saintes accompagnée par des chants et acclamations jusqu’à leur immobilisation.
Ensuite, Sara sera portée par quatre gitans et emmenée au bord de la mer.

 

Les gitans chantent, prient et acclament leur Sainte Patronne.
Arrivés à la mer, les porteurs entrent dans l’eau à mi-corps. Puis, lentement, toujours sous les acclamations, les prières et les chants, Sara est ramenée à la crypte.

Le lendemain, la messe solennelle des Saintes Maries Jacobé et Salomé est suivie de leur Procession. Dans leur barque, les Saintes Maries sont, à leur tour, emmenées à la mer pour symboliser leur arrivée sur la terre de Camargue. Le soir venu, pour la seconde fois, une veillée de prières à lieu dans l’église. Sur le parvis et dans les rues, on chante et on danse par petits groupes toujours au son des guitares…



 


Le troisième jour est consacré à la mémoire du Marquis de Baroncelli. C’est « abrivado » où le taureau conduit par les gardians à cheval est détourné de son chemin par la foule et « bandido », sur le chemin du retour où la même scène se produit au grand amusement de tous.
Une cérémonie a lieu au tombeau de Folco de Baroncelli. Ce jour là, des traditions chères au Marquis et folklore se mêlent et dans les arènes, les jeux de gardians , de taureaux et de danses font le bonheur des spectateurs.

Le pèlerinage 2005 a été marqué par un événement exceptionnel : « un embarquement pour la paix ».

Le 25 mai 2005, Florence ARTHAUD, navigatrice, est partie de Port Gardian pour rejoindre Port Jaffa, en Israël afin de remettre à des étudiants de toutes nationalités et de toutes religions le message de paix que Mr Chassin, le Maire, lui a confié.
A travers ce message, Marie Madeleine, Marie Jacobé, Marie Salomé et Sara retournent en Palestine 2000 ans après, pour apporter, symboliquement, aux Palestiniens, la Croix de Camargue qui traduit la Foi, la Charité et l’Espérance.

On croise, tous les ans au mois d’Août, pour la fête de Marie, le 15, de nombreux gitans qui viennent là pour prier les Maries qui protègent les taureaumachies. Une fête a lieu dans la ville qui rassemble de nombreux gitans mêlés aux touristes aoûtiens.

Dans la ville des Saintes Maries de la Mer, (2000 habitants l’hiver et 20 000 l’été…) on peut visiter le Musée Baroncelli. Ce Musée est essentiellement consacré à l’histoire de la ville.
On y voit, outre le tombeau du Marquis de Baroncelli, des trésors archéologiques gallo-romains, des expositions sur la faune camargaise, la statue de Frédéric Mistral, la croix des gardians au pont des morts qui incarne les trois vertus fondamentales de la chrétienté : la foi, l’espérance et la charité.
En octobre, le second pèlerinage se déroule le week end le plus proche du 22 octobre. Cérémonies de descente des châsses et veillées de prières. Une cérémonie identique à celle de Mai, mais seules Marie Jacobé et Marie Salomé sont conduites à la mer.
A Noël, les gardians, les habitants, les bergers et les pêcheurs portent des offrandes à l’église au son des fifres et des tambourins, pour célébrer la messe de minuit selon la tradition. Provençale.

Si nous vous parlons des Saintes Maries de la Mer en événement de ces mois d’été, c’est pour faire un clin d’œil à nos amis les gens du voyage qui sont à l’honneur dans nos pages de ce magazine, au travers de leur « musique manouche », Leur philosophie et leur mode de vie mettent à l’honneur l’altruisme, la solidarité et l'esprit de famille, composantes essentielles de la non solitude.

si vous voulez faire comme les gitanes et interpréter les lignes de la main, rendez vous sur le site de www.françois-lambert.com , cliquez, « arts divinatoires »- chiromancie - lignes de la mains (2005)

Chantal ROLLAND