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Zone de Texte:                                  THIERRY SFORZA
                                   (auteur – parolier)


Thierry Sforza est un parolier qui fait son chemin depuis une quinzaine d’années, en silence, en arrière plan, sans faire de bruit, mais qui laisse, à tout jamais, des empreintes indélébiles dans l’esprit des artistes pour qui il écrit.
Plusieurs d’entre eux ont même versé quelques larmes à l’antenne (RMC, Europe 1), quand, lors de certaines émissions radiophoniques, il dressait leur portrait si poétiquement empreint de vérités.
Ce parolier-poète a une telle sensibilité d’écriture qu’il « pénètre » facilement l’esprit de celui pour qui il écrit. Une sorte de caméléon de l’état du coeur. Sa discrétion n’a d’égale que sa perfection du ressenti des personnages ou des situations. Il les traverse de sa plume et les étale sur papier pour en créer des parodies ou des chansons à succès.

Comment êtes vous devenu parolier ?

THIERRY SFORZA : C’est pour moi un vrai conte de fée. J’ai tout d’abord écrit, après mes études de droit, trois livres de poésies dont deux qui ont connu le succès. Puis, quand je suis sorti de l’armée, j’ai dit à mes parents que je voulais écrire des chansons.
Affolé, mon père m’a dit : « je te donne un an pour gagner ta vie ». Bien évidemment, au bout de cette année, je n’avais toujours rien gagné et là, mon père m’a chassé de la maison. Je me suis retrouvé dans un minuscule studio et c’était ma grand-mère qui venait, chaque semaine, me donner un peu d’argent pour survivre. J’ai connu là mes mois de galère. Un jour, cette même grand-mère (d’origine italienne et lisant pourtant très mal le français) arrive chez moi en me disant qu’elle avait lu dans « TELE 7 JOURS » que Chantal GALLIA cherchait un auteur.  Surpris, je lui explique que je n’écris que des poèmes mais rien de comique. Pendant plus d’un mois, elle m’a harcelé pour que j’envoie au moins un texte comique au magazine.
J’ai donc repris les notes que je relevais lors de repas entre copains et qui me faisaient rire et j’ai envoyé mon bout de texte à TELE 7 JOURS pour Chantal GALLIA.
C’était à l’époque où Edith CRESSON venait d’être nommée Premier Ministre et j’ai écrit 10 /12 lignes sur elle. C’était vraiment « la bouteille à la mer ». Un dimanche matin (jour de mon anniversaire de surcroît), le téléphone sonne et c’était Chantal GALLIA. Elle m’a fait écrire d’autres textes qui lui ont tout autant plu et quand elle m’a demandé d’écrire tout son spectacle, je me suis entendu lui répondre « oui » alors que cet exercice me paraissait irréalisable! J’étais au pied du mur. J’ai écrit, écrit…J’ai eu la chance que le metteur en scène soit Roger LOURET. C’est lui qui m’a appris à concevoir un spectacle. J’ai rendu les textes en temps et en heure, le spectacle a très bien marché , je faisais pourtant seulement mes armes en tant qu’auteur.

Comment en êtes vous arrivé à la radio ?

T.S : Lors de la Générale du deuxième spectacle de Chantal GALLIA, j’ai rencontré Claude FOURNIER (Producteur de Palmade, de Bigard etc.) qui a voulu que j’écrive les textes de Didier GUSTIN pour RMC. Là, je suis resté trois ans sur la station et j’ai vraiment appris mon métier d’auteur. A la radio, il faut faire vite et aller à l’essentiel. 
Je gagnais bien ma vie mais je ne faisais pas encore ce que je rêvais de faire : écrire des chansons.

Qu’est ce qui vous a amené à écrire, par la suite, des parodies ?

T.S. : Là, c’est Pascal BRUNER, sur Europe I. Il m’a demandé de parodier une chanson pour Enrico Macias. J’avais écrit un texte sur une chanson de Serge Lama, dans le but de « toucher » Enrico. Lors de l’émission, Bruner a chanté cette parodie avec des sanglots dans la voix. Enrico Macias est arrivé, en pleurs et a demandé à me voir .  Ca été le démarrage de tout. Soudain, les gens du métier ne me voyaient plus comme parodiste pour imitateurs mais parolier pour chanteurs (mon rêve..) 
J’ai écrit pour Fabienne Thibaut, pour Jean Luc Lahaye, Julie Piétri etc…tout en continuant à écrire des textes pour les émissions de Patrick Sébastien, Michel Drucker …J’étais de plus en plus parolier et de moins en moins parodiste. En quelques mois, je me suis  retrouvé définitivement parolier. J’ai écrit pour Bécaud pour l’ouverture du nouvel Olympia ! Un bonheur !

 Et pour le mondial, comment vous est venue l’idée de « LA OLA » ?

T.S. :  Un jour, par hasard, je me suis retrouvé chez Henri BELLOLO (Scorpio Music) qui m’a demandé d’avoir une idée pour le Mondial en restant proche du monde sportif.
Je suis rentré chez moi, j’ai écrit le texte en restant simple et dynamique et c’est devenu le succès qu’on a connu en 1998.(450 000 exemplaires) Après cette réussite commerciale, j’ai eu la chance d’écrire plusieurs albums (celui de Gilbert Montagné pour janv.2001, de Stéphane Naty, de Larusso, quelques chansons pour Lâam) et maintenant, des comédies musicales.

 N’aviez vous pas écrit antérieurement une comédie musicale, déjà ?

T.S : Si, en 1991, j’ai écrit la dernière comédie musicale de Georges Guétary. C’est sa femme Janine Guyon, qui m’a enseigné tous les rudiments de ce genre de spectacle.

 Et depuis ?

T.S. : En 2001, j’ai écrit les textes de « A l’ombre d’un géant », comédie musicale dont François Valéry a signé la musique. Je l’ai écrite en un mois et demi . Dans le même temps, j’ai été contacté par un producteur pour en écrire une autre sur « Dracula » . Il y a eu ensuite la pièce musicale en cinq actes sur Victor Hugo, « Mon alter Hugo » (nominée au Molières 2006) 	et tout récemment « Coming out », une comédie musicale écrite en collaboration avec Laurent Ruquier , Jeff barnel et JP Pasqualini annoncée pour la rentrée 2008. D’autres projets de comédies musicales sont en cours d’écriture (Charlot, Casanova …)


La télé-réalité a fait aussi appel à votre talent.

T.S. :Oui, tout à fait, et malgré les critiques, je ne l’ai pas refusée et l’ai même parfaitement assumée : j’ai ainsi écrit pour Loana « Comme je t’aime », pour Brandon et Diana « C’est pour la vie », Danièle Gilbert et ses fermiers « C’est la ferme » et pour Marjolaine « Geisha » ! 




On dit de vous aujourd’hui que vous êtes un des auteurs favoris du public d’enfants ?

T.S. :Oui, et le plus merveilleux, c’est qu’ils reprennent en cours de récré les expressions fétiches de mes petits personnages : « t ‘es pas cap » de Pinocchio s’est vendu à plus de 500 000 singles, et « Titou le lapinou » a été une des opérations estivales les plus fructueuses de TF1 ! C’est un bonheur pour moi de m’introduire ainsi dans l’univers magique de l’enfance…

Pouvons-nous parler alors d’une consécration de Thierry sforza ?
T.S. :Bien que j’aie toujours envie d’aller plus haut, plus loin, je suis relativement satisfait de mon parcours jusqu’à ce jour : j’ai été récompensé plus d’une fois par des disques d’or ou de platine (pour la Ola de Jessy, « je serai là » de S. Naty, « le Waka », ou « Fan de toi » de Lorie, « Titou le lapinou » aussi). Je n’ai de cesse de continuer à découvrir toute la richesse du large terrain d’exploitation qu’offre l’Ecriture en général.

Quelle est votre actualité du jour ?
Des chansons écrites pour le dernier album de Lorie, de la série de France 3 « Plus belle la vie », de Jee L., Florent Pagny et Maria Carey, Mel C et Michal.

Et vos projets, quels sont-ils ?
Des chansons sur le prochain album de Johnny Hallyday, Liane Foly, Emmanuel Moire et Isabelle Boulay, en plus de quelques nouvelles comédies musicales.

…De quoi l’aider à noircir quelques centaines de pages blanches dans des moments de solitude sacrés car créatifs et constructifs. Voilà un auteur au parcours bien rempli qui nous démontre qu’avec patience et persévérance, on arrive toujours à réaliser ses rêves. L’homme n’a pas hésité, pour réaliser le sien, et malgré de grands moments de doute, à revêtir plusieurs casquettes jusqu’à son but ultime : sa consécration dans l’univers des paroliers. Aujourd’hui, il se revendique avant tout comme auteur populaire, à l’image de son parrain de cœur de la Sacem Pierre Delanoë dont nous saluons ici la mémoire.

Une belle leçon de parcours qui pourrait bien un jour faire l’objet d’une comédie musicale ?  Une chute qui bouclerait légitimement un beau conte de fée …


Karine TUZET et Chantal ROLLAND