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Magazine N°9 : Saint-Valentin

 

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Un grand moment de solitude

Qui ne s’est jamais retrouvé désespérément honteux d’une situation scabreuse provoquée malgré soi, juste au moment où l’on souhaitait justement faire bonne figure?
Un grand moment de solitude dont on se souvient, en général, longtemps!

Emilie, 38 ans, en sait quelque chose! Son patron lui en parle encore! C’était il y trois ans, lors d’un séminaire de bilan de fin d’année de la société d’assurance pour laquelle elle travaille. Un souvenir redoubtable, qui pourtant lui a offert des débouchés qu’elle n’aurait jamais pu soupçonner:
“ S’il est vrai que j’ai la réputation d’être très sérieuse et consciencieuse au sein de mon travail, j’aime aussi profiter de la moindre opportunité pour m’amuser! Lors de ce séminaire qui se déroulait à Bordeaux dans un établissement classieux, j’avais bien l’intention d’oublier une histoire d’amour trop rapidement avortée, dans laquelle je m’étais pourtant déjà bien investie et qui m’avait laissée sur le carreau! Comme chaque année lors de ce genre d’événements, lambiance est plutôt à la détente, les réunions à n’en plus finir le jour, cèdent la place à des soirées en général bien arrosées et à l’esprit bon enfant. J’avais un rapport à soutenir oralement devant toute la société le premier soir, et je savais que de la bonne qualité de ma prestation, pouvait dépendre une promotion à venir…Je comptais bien donner le meilleur de moi-même, ça faisait longtemps que j’attendais d’être récompensée de mes efforts! J’intervenais pendant le diner, au micro, sur une scène réservée aux discours. J’avais repéré depuis longtemps déjà un de mes collègues –récemment divorcé- dont le charme ne me laissait pas indifférente. Je pensais que le contexte du diner était parfait pour tenter un rapprochement discret mais efficace. Le défi de conquête que je m’étais fixé me paralysait presque plus que la prestation orale qui m’attendait! A ce cocktail dînatoire, de délicieux vins accompagnaient les mets délicats qui nous étaient servis. Je crois que le stress de la situation m’a fait boire plus que de coutume: j’enchaînais les verres de Bordeaux les uns après les autres, quand il ne s’agissait pas de coupes, et j’ai le souvenir de conversations de plus en plus confuses avec mes collègues au fil de la soirée. Je regardais régulièrement en direction de ma conquête pour l’heure absolument indifférente à moi, attendant désespérément le moment opportun pour entrer en action! Comme un fait exprès, au moment où je m’apprêtais à me lancer, mon patron vint me prendre par le bras pour me proposer d’entrer en scène, afin d’exposer le bilan financier de fin d’année devant tout notre personnel… A cet instant, précisément, j’ai un effrayant trou de mémoire! Je ne sais plus ce que j’ai fait de mes fiches, mais je cherche à cacher mon trouble: de toute façon, je maîtrise parfaitement mon sujet, je saurai me débrouiller…Pour accéder à la scène, il y a cinq petites marches à escalader. Je vois trouble, mes idées sont totalement confuses, la musique m’embrouille!! Je monte les marches en titubant, mon public s’esclaffe! Arrivée sur scène, je m’appuie au pupître pour me donner une contenance. Je recherche un regard complice pour me donner du courage et ne rencontre que des regards amusés, voire moqueurs! Quelle allure je dois avoir pour que tout le monde se bidonne comme ça. Je décide de ne pas y prêter attention, et me lance dans un discours….qui prend des allures publiques de grande déclaration d’amour à mon collègue au deuxième rang, rouge de confusion et ne sachant plus où se mettre!! Les mots sortent tout seuls de ma bouche, sans que je ne puisse rien contrôler! L’assemblée redouble d’hilarité croyant à un canular, mon patron, dupe de rien, me rejoint sur scène, reprend le micro et m’extirpe de la situation scabreuse dans laquelle je me suis engouffrée en proposant de remettre les chiffres du bilan plutôt optimistes au lendemain soir, et laisser la place pour l’heure à la détente et à l’amusement!!! Résultat: j’ai réussi à garder la tête haute grâce à mon excellente prestation du lendemain soir qui m’a value la promotion tant attendue, mais me suis lamentablement gamélée auprès de ce redoubtable célibataire divorcé que je fuis chaque fois que je le croise dans les couloirs…Le comble? J’ai appris qu’il était homo!!!”

APPEL DE “TEPASEUL”AUX INTERNAUTES :

SI VOUS AVEZ VECU, VOUS AUSSI, UN GRAND MOMENT DE SOLITUDE, ECRIVEZ-NOUS SUR tepaseul@tepaseul.com, NOUS NOUS FERONS UN PLAISIR D’EDITER VOTRE HISTOIRE SI ELLE EST RETENUE PAR NOTRE EQUIPE.