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Magazine N°8 : Les Fêtes de fin d'année

 

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Un grand moment de solitude

Qui ne s’est jamais retrouvé au moins une fois dans sa vie dans une situation scabreuse, délicate, humiliante, ou tout simplement dérisoire, avec la conviction intime d’être le ou la seul(e) à la vivre et n’avoir qu’une envie: s’en extraire au plus vite pour fuir ce “grand moment de solitude”?

Ce mois-ci, Laetitia nous raconte le sien, lors d’un coktail où elle ne connaissait personne…

“ C’était le mois dernier, à l’occasion de la date anniversaire de la florissante boîte de communication de ma soeur, Isabelle: un pot était organisé avec ses meilleurs clients et relations de toute la profession, et j’avais été gentiment invitée pour l’avoir régulièrement aidée sur des événements tout au long de l’année, n’étant pourtant absolument pas de la partie…Elle avait choisi de privatiser un endroit parisien à la mode pour organiser cette soirée, m’avait envoyé le carton d’invitation deux-trois jours avant en n’omettant pas de me griffonner sur un petit papier “Viens y faire un tour ma chérie, mais ne m’en veux pas si je n’ai pas beaucoup de temps à te consacrer…”. J’y allais, convaincue qu’une soirée de ce genre m’aiderait à oublier mes états d’âme liés à mon récent divorce, mais j’avoue que même si je me doutais qu’elle allait être très occupée à saluer ses connaissances, elle me dégagerait un peu de temps pour me présenter à certaines personnes…Me voici sur les lieux avec une demi-heure de retard: je n’avais pas facilement trouvé de place de stationnement pour ma voiture. Isabelle avait fait mentionner mon nom sur la liste, je suis donc passée sans aucune difficulté. Il y avait déjà beaucoup de monde. En me frayant un chemin parmi la foule, je cherchais fébrilement ma soeur…Beaucoup de groupes étaient déjà formés et tout le monde se parlait comme s’ils se connaissaient depuis toujours. J’osais quelques sourires vers des visages plus ou moins connus, des personnes que j’avais rapidement croisées lors de mes interventions ponctuelles. Ils me rendaient des salutations polies, mais sans plus d’encouragement à poursuivre, revenant vite à leur conversation auprès de leurs voisins. Après avoir tourné deux fois dans l’immense salle, j’ai aperçu Isabelle de dos, en très haute compagnie: son boss de New-york lui présentait des clients japonais, et une traductrice s’affairait à traduire leur dialogue: Isabelle n’en perdait pas une miette. Je ne pouvais pas la déranger, mais je souhaitais au moins d’un signe de main lui signaler ma présence. C’est Nicolas, mon beau-frère qui m’a interceptée au vol, me signifiant gentiment après m’avoir fait claquer deux bises rapides sur les joues, qu’il était préférable que j’attende qu’elle soit plus dispo pour la saluer. Tout en me parlant, il m’éloignait d’elle et me proposait d’aller me servir une coupe au bar, en l’attendant. Nicolas bosse avec Isabelle, et il s’est vite retrouvé happé par un collègue qui a souhaité l’entretenir “en privé”, me faisant clairement comprendre que je serais beaucoup plus sympa d’aller voir au bar s’il y était!!
Me voici donc arrivée au bar, après avoir très difficilement frayé un chemin entre ces groupes d’individus tous absorbés par leurs conversations et éclats de rire qu’ils comptaient bien évidemment ne pas partager avec n’importe qui, et après avoir été l’objet de regards hostiles: entre les sacs à main volumineux des femmes que je bousculais malgré moi en passant, et les coupes de champagne que je faisais voltiger en tentant d’éviter ces personnes qui ont la sale manie d’envahir de leur geste l’espace en discutant trop bruyamment, je ne m’étais pas fait pour l’heure beaucoup d’alliés!! Une coupe de champagne était la bienvenue! Et cette coupe, je l’ai longtemps attendue. Il faut dire que la courtoisie se perd chez la gente masculine: aucun homme qui attendait son tour n’a daigné me faire passer avant lui ou encore mieux, me l’offrir! Pour engager la conversation, c’est pourtant parfaitement propice…C’est à cet instant je crois que j’ai commencé à sérieusement douter de moi et de la piètre image que je devais renvoyer. Pour me sentir aussi inexistante dans ce climat de liesse, je ne devais pas être resplendissante! C’est vrai que le divorce avec mon mari m’a bien secouée ces derniers mois; il m’a quittée pour une autre et j’ai mis du temps à vouloir me recentrer en m’occupant de moi de nouveau, et à chercher à plaire à d’autres hommes. Ce soir pourtant, j’avais fait l’effort de bien m’habiller, j’avais même osé un petit haut sexy assez décolleté…Qui n’avait pour l’heure aucun effet! En obtenant difficilement ma p’tite coupe, je tentais de garder une certaine contenance. J’étais au bar, et je comptais bien y rester! Sauf qu’au bout d’un quart d’heure, après avoir testé toutes les positions convenables d’une personne seule accoudée à un bar, je m’interrogeais sincérement sur ma capacité à supporter la situation encore longtemps. Je continuais de balayer du regard l’assistance, repérant les gens seuls qui en général retrouvaient vite une grappe de connaissances, et je me sentais sacrément truffe de n’attendre personne en particulier, un sourire qui sonne faux aux lèvres, et ma coupe vide depuis cinq minutes que je continuais tout de même de boire pour me raccrocher à quelque chose et m’extirper de cette infâme solitude qui me faisait perdre tous mes moyens!!!! C’est au bout de vingt longues minutes qui m’ont paru durer une éternité, qu’une femme aussi seule que moi sans doute, mais me connaissant de vue et devinant mon extrême disponibilité du moment, est venue m’aborder , un large sourire jusqu’aux oreilles!! Elle me salua d’un “Bonjour, vous avez l’air d’être en pleine forme!” Qu’est-ce que je l’ai adorée d’emblée, celle-là! Pour peu, on aurait pu passer pour les deux meilleures amies du monde, tant les salutations de soulagement ont été extremes et chaleureuses !! Je peux vous dire que j’en ai trouvé des sujets de conversation à développer avec elle: j’avais trop la trouille de retrouver mon poste d’observation et mon grand moment de solitude…!!!

Laetitia C., 35 ans, juriste.

L’avis de notre psychologue :

Qui ne s’est pas trouvé, au moins une fois, dans cette situation ! Il a suffi que cette jeune-femme se trouve au milieu d’une foule de gens qu’elle ne connaissait pas pour que sa timidité surgisse. Comme elle sortait d’un divorce difficile, elle avait encore un énorme manque de confiance en elle qui se traduisait par des regards, des gestes, inconscients de sa part mais qui devaient, certainement, lui donner cet air d’insisponibilité qu’ont certaines personnes qu’on préfère laisser passer car on a l’impression qu’elles nous fuient. Laetitia s’est laissée immerger par cette sensation de gêne, de mal être qui, sous l’impact de la timidité, l’ont rendue mal à l’aise aux yeux des autres.
Si celle ci était allée à cette soirée sans étast d’âme, sûre d’elle et de son intérêt auprès des autres, les choses auraient été différentes. Son aura aurait brillé et son regard, son sourire, son être auraient “accroché” beaucoup plus qu’elle ne peut l’imaginer. On projète sur les autres ce que nous sommes à l’intérieur. Dès que nous nous sentons bien au fond de nous, nous attirons beaucoup plus qu’à l’ordinaire.
N’avez-vous jamais remarqué que certains jours, alors que nous n’avons fait aucun effort d’apprêt ni de maquillage ou de coiffure, nous avons l’impression que toutes les personnes que nous croisons n’ont d’yeux que pour nous ? Les hommes nous draguent et même les femmes nous croisent en nous souriant ? C’est que ces jours là, sans faire d’effort pour plaire spécifiquement , nous sommes tout à fait naturelles. Bien dans notre tête car indifférentes au regard des autres, donc, libres et….disponibles.
Moralité : la meilleure solution pour être à l’aise dans ce genre de soirée : lâcher prise, n’attendre rien de personne, être souriante et tout simplement heureuse d’être là pour observer….

APPEL DE “TEPASEUL”AUX INTERNAUTES :

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