Exposition Gustave COURBET (1819-1977)
13 Octobre 2007- 28 janvier 2008
Une rétrospective des oeuvres de Gustave Courbet se tient actuellement au Grand Palais de Paris dans ses galeries nationales, jusqu’au 28 janvier 2008. La collection partira ensuite au Metropolitan Museum of Art de New-York du 27 février au 18 mai 2008, puis au Musée Fabre de Montpellier du 13 Juin au 28 Septembre 2008. De larges occasions de redécouvrir tous ces chefs d’oeuvre qui font de Courbet (Gustave, pas Julien!) un artiste hors du commun:
Gustave Courbet est un peintre du XIXème siècle qui s’inscrit dans un mouvement pictural réaliste. Réfractaire aux nus lisses des peintures académiques, et à l’hypocrisie de son siècle et en particulier du second Empire qui tolère les représentations érotiques voire pornographiques sous couvert essentiellement de la mythologie ou de l’onirisme, il préfère jouer de la provocation pour mieux confiner au réalisme.
Courbet asseoit définitivement son regard provocateur en exhibant à sa façon la partie cachée de l’Olympia de Manet, dans “l’Origine du Monde” (1866). Cette oeuvre, qui répond à la commande d’un diplomate turc Khalil-Bley, que Sainte-Boeuve présente à Courbet, vient agrémenter la collection personnelle de tableaux érotiques de ce monsieur; le “Bain turc” d’Ingres et plus tard le “ Sommeil “de Courbet la complèteront.
L’identité du modèle est encore incertaine. On suppose simplement que Joanna Hiffernan qui lui avait déjà inspiré “la belle irlandaise” la même année, est l’unique modèle de cette oeuvre, à ceci près qu’elle était rousse et non brune. Elle était la petite amie de James Whistler, peintre américain admirateur et disciple de Courbet qui rompa brutalement tout commerce avec lui peu de temps après la réalisation de cette oeuvre…attitude suffisamment explicite pour en tirer des conclusions logiques!
Le chef d’oeuvre suscite à l’époque de nombreuses réactions, souvent hostiles de la part de la critique, mais jamais indifférentes. Encore de nos jours, la toile soulève des réactions explosives . En témoigne cette anecdote qui suivit l’entrée du tableau au musée d’Orsay: un gardien fut posté près de l’oeuvre, essentiellement pour relever les réactions du public!
Plus d’un siècle plus tard,en 1989, la plasticienne Orlan s’inspirera du tableau pour en réaliser une version masculine, avec les attributs sexuels masculins en lieu et place du sexe féminin. Elle l’intitule: “l’Origine de la guerre”! Un point de vue féministe, certes, mais très subtil!
Karine TUZET
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